Sur l'initiative de la Société de l'autisme et des troubles envahissants du développement de l'Estrie (SATEDE), l'événement en était à sa quatrième année. «Le but n'est pas nécessairement de ramasser des fonds, mais il est surtout de sensibiliser. Parce qu'il s'agit d'une activité familiale dans un lieu public, les gens peuvent nous poser des questions librement», explique Hélène Quigley, coordonnatrice à la SATEDE.
En début d'après-midi, sous un soleil de plomb, le cortège s'est ébranlé. À travers la foule en mal de température estivale, on reconnaissait ses participants aux ballons oranges qui flottaient, accrochés à leur poignet. Mine de rien, en posant un pied devant l'autre, le groupe a permis de recueillir 1000 $.
Symbolique, la marche permet aussi de rappeler qu'il demeure difficile d'obtenir des services adaptés pour les enfants à partir du moment où ils fréquentent l'école. «Et il y a aussi une perception tenace que les autistes vivent au crochet de la société, qu'ils sont incapables de travailler, alors qu'ils peuvent être des employés très compétents.»
Néanmoins, des avancées ont pu être identifiées chez les jeunes enfants. «Les critères de diagnostic sont beaucoup plus précis que dans le passé. Même que maintenant, certains sont diagnostiqués plus tard, jusqu'à l'âge adulte parfois...»
Ce fut le cas pour le fils de Guylaine Goudreau, atteint du syndrome d'Asperger. Âgé de 22 ans, il a vu son trouble identifié il y a tout juste cinq ans. Et cette raison suffisait pour que maman participe à la marche de la SATEDE. «On manque encore de fonds, de connaissances sur le sujet. Après cinq ans, nous sommes toujours en attente de services, parce qu'il n'y en a pas pour les adultes», constate Mme Goudreau.
«C'est sûr qu'en ayant un diagnostic, j'ai pu lire, m'informer, mais ça n'empêche pas que l'amour, le travail et la vie sociale sont problématiques. Ça ne l'empêche pas d'avoir du talent. Il n'a pas fini son secondaire, mais il est parfaitement bilingue et écrit sans fautes.»
Angèle Veilleux, qui avait aussi choisi de se mettre en marche en ce samedi bien spécial, n'aurait manqué l'événement pour rien au monde. «Il aurait tombé de la neige que je serais venue quand même. Je suis la tante d'un jeune autiste et je crois qu'il est important de développer les services aux familles. Le défi est grand pour les parents, quand ils prennent connaissance du diagnostic. Il y a un risque d'isolement. Le contact avec d'autres personnes qui vivent la même chose apporte un support essentiel. On n'a jamais trop d'alliés. Je voulais qu'on montre que les personnes autistes sont des personnes comme les autres et que les préjugés à leur endroit sont basés sur l'ignorance.»
Les troubles envahissants du développement sont caractérisés par des déficits dans les interactions sociales, la communication verbale et non verbale, ainsi que dans les intérêts et les comportements au caractère restreint, répétitif ou stéréotypé. Au Québec, 45 000 personnes seraient touchées.











