Bien des personnes comptent les dodos avec frénésie dans le dernier droit les menant à la retraite. Nelson Roy, 57 ans, avoue que c'est plutôt avec un pincement au coeur qu'il quittera son boulot en après-midi.
«J'étais un facteur dans l'âme, explique-t-il. J'ai toujours adoré mon travail et c'est encore le cas aujourd'hui. Si je quitte, c'est parce que tous mes amis s'en vont aussi à la retraite. Sans ma gang, ce ne serait plus pareil.»
Originaire de Mont-Joli, dans la région du Bas-du-Fleuve, Nelson Roy est venu s'installer à Sherbrooke à l'âge de 21 ans parce que son beau-frère l'a embauché comme informaticien chez Informatrix 2000.
«Je me cherchais un boulot après mon cours d'informaticien et mon beau-frère m'en a proposé un. Mais je n'étais pas heureux dans ce travail-là, entre quatre murs», dit-il.
Le grand rêve qu'il a caressé secrètement était d'atteindre la Ligue nationale de hockey comme officiel. Il a gradué jusque dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, mais son ascension s'est arrêtée là.
C'est le sport qui lui a d'ailleurs permis de devenir facteur.
«Je ne connaissais à peu près personne à Sherbrooke, sauf mon beau-frère. Un jour, je me suis présenté au parc Dufresne avec mon gant de balle et j'ai été invité à me joindre à une équipe dont faisaient partie les frères René et Jean-Paul Pépin, le notaire Claude Gagnon et François Lemire. C'est François, qui était lui-même un facteur, qui m'a suggéré d'appliquer pour ce travail.»
La suggestion lui a souri tout de suite.
«Travailler dehors, rencontrer des gens, c'était le job parfait pour moi, poursuit-il. J'ai commencé comme commis, puis j'ai obtenu un poste de facteur à titre de remplaçant. J'aimé cela tout de suite. J'aime encore cela aujourd'hui.»
Il se souvient d'ailleurs de toute la fierté qui l'a envahi le jour où on lui a remis son uniforme de facteur.
«Ce fut un moment fort de ma vie», avoue-t-il.
Au fil des ans, il s'est lié d'amitié avec beaucoup de personnes chez qui il a livré le courrier.
«Il fallait que je fasse attention de ne pas trop m'attacher aux gens», avoue-t-il.










