En effet, il y a déjà cinq jours qu'elle a mise sur pied son centre de coordination des mesures d'urgence. Vendredi, la direction de l'ASSSE a d'ailleurs invité les médias à visiter ce centre, qui a pignon sur rue au sein du Complexe Saint-Vincent.
«En cas de pandémie, nous pourrions aller jusqu'à isoler complètement cette aile. De plus, toutes nos lignes sont sécurisées et indépendantes. C'est une véritable cellule stratégique», fait savoir Lynda Périny, coordonatrice par intérim des mesures d'urgence.
«Dès que l'organisation mondiale de la santé (OMS) a élevé le niveau d'alerte à 4, nous avons mis sur pied notre plan de lutte régional à la pandémie», ajoute Mme Périgny.
Cette cellule stratégique est composée de cinq volets, soit maintien des services et des ressources, communication, psycho-social, santé physique et santé publique. Il s'agit d'une mesure de commandement de type top down, c'est-à-dire que les ordres viennent du sommet de la hiérarchie (ministère de la santé et des services sociaux), MSSS et descendent dans les agences de santé régionales.
Dans cette ligne hiérarchique de type militaire, tous les intervenants sont réunis dans une même salle afin que l'information soit échangée rapidement et efficacement. Tous sont en lien avec leurs vis-à-vis au ministère de la santé et des services sociaux.
«En ce moment, on ne peut pas encore savoir s'il y aura pandémie ou pas. Par contre, si ça arrive et que des cas sont déclarés à Sherbrooke, nous serons prêts», explique le président-directeur général de l'ASSSE, le Dr Michel Baron.
C'est la première fois que la ville de Sherbrooke doit mettre en place un tel centre de coordination des mesures d'urgence. Toutefois, depuis la menace de la grippe aviaire, le plan de match avait été écrit, élaboré, bref, tout était prêt. L'épisode du SRAS à Toronto avait aussi amené une bonne dose de leçons sur les façons de faire... ou de ne pas faire. Dans la Belle Province, il faut reculer jusqu'à la crise du verglas de 1998 pour retrouver une pareille mobilisation gouvernementale.
«Nous avions fait des exercices depuis la mise sur pied de notre plan de lutte régional à la pandémie, mais rien qui ne se compare à la situation actuelle. Après cinq jours, je peux vous dire que nous sommes très satisfaits de la façon dont ça fonctionne», précise le Dr Baron.
Mesures dans les centres de santé
Depuis l'élévation du niveau d'alerte au cinquième des six échelons de l'OMS, quelques mesures ont été prises dans les centres de santé, qui incluent les CLSC, les cliniques et les hôpitaux afin d'éviter la contamination par d'éventuels patients.
Ainsi, des employés des centres de santé ont été postés en postes de pré-triage, c'est-à-dire qu'ils se tiennent aux portes des établissements de santé.
«Ils demandent aux gens s'ils ont des symptômes de la grippe. Si c'est le cas, ils sont invités à porter un masque et à se laver les mains. Ensuite, on leur demande s'ils reviennent du Mexique ou s'ils sont en contact avec des gens qui en reviennent. Si c'est le cas, on les amène tout de suite au triage, et ils sont alors immédiatement placés dans une salle isolée», soutient Annie-André Émond, porte-parole des CSSS-IUGS de Sherbrooke.














