Joint en soirée dimanche, le maire Jean Perrault a appris la nouvelle de la bouche du journaliste. Pour le moins surpris, il y est rapidement allé d'une question. «Pourquoi ils ne l'ont pas offert gratuitement lors de l'appel d'offres? Qu'est-ce qu'ils cachent?»
Le maire a ensuite émis ses propres hypothèses. «Il y aura un changement de zonage demain (ce lundi soir) au conseil pour une superficie commerciale de 400 000 pieds carrés sur la rue King Est. M. Custeau veut notamment y amener le Canadian Tire et songeait à y attirer le Wal-Mart, ce qui est impossible puisqu'une autre compagnie a l'exclusivité du secteur en matière d'alimentation. Veut-il amener le Wal-Mart sur la 12e Avenue?»
M. Perrault croit par ailleurs que MM. Custeau et Allard ne se sont jamais réellement intéressés au centre de foires. «Ils veulent seulement développer le secteur pour des avantages pécuniaires, probablement en demandant un changement de zonage. Ça sous-entend qu'il y a anguille sous roche. Je n'ai jamais vu personne donner un terrain à la Ville. En plus, je me suis laissé dire qu'ils ne sont même pas propriétaires des terrains, mais qu'ils possèdent des options d'achat.»
La réaction la plus vive est toutefois venue de Jean-François Rouleau. «Je cherche l'arnaque. On s'est divisés comme conseil, comme population aussi. Pourquoi ne pas l'avoir fait il y a deux mois. C'est tout à fait immoral de faire ça. Je ne crois à rien de ça. On n'est pas dupes. J'invite la population à la prudence. Il faut qu'il y ait une carte cachée. Je pense qu'il a senti le terrain glisser sous ses pieds. Nous devons choisir le meilleur emplacement pour ne pas faire un autre Mirabel.»
Les autres conseillers ont été plus modérés, secoués pour la plupart par cette nouvelle donnée.»Je pense que c'est tout un revirement. C'est tout un geste. Ce sera un élément important parmi ceux que nous devrons considérer. Je suis trop stupéfait pour commenter davantage», a réagi Marc Denault.
Le chef du Renouveau Sherbrookois, Bernard Sévigny, n'a pour sa part pas bronché outre mesure. «Est-ce que c'est de nature à me faire changer d'idée maintenant? Non. Le prix est un des nombreux éléments à considérer. Je ne dis pas que ce n'est pas important, mais il faut donner une appréciation globale du tableau. Ultimement, indépendamment du site, les citoyens pourraient gagner financièrement.»
Diane Délisle, qui disait son idée arrêtée quelques heures plus tôt, a souhaité «dormir là-dessus. Qui sait si Immex ne trouvera pas de nouvelles entourloupettes avant le vote».
Julien Lachance a choisi de réserver ses commentaires, affirmant qu'il préférait prendre les dernières 24 heures pour réfléchir et prendre connaissance de la nouvelle proposition.













