Même si les villes de Drummondville, Trois-Rivières et Longueuil souhaitent aussi obtenir une telle infrastructure, «Sherbrooke est assurée de l'avoir, en autant que ça respecte le cadre financier «, soutient la présidente du Conseil du Trésor, en entrevue téléphonique à La Tribune au lendemain du choix du site par la Ville de Sherbrooke.
Le projet sherbrookois respecte effectivement ce cadre financier puisque la demande de subvention dans le cadre du programme Chantiers Canada totalisera 11,5 M $, alors que la subvention maximale avait préalablement été établie à 12 M $, payés à parts égales par Québec et Ottawa.
Dossiers à l'étude
D'après Mme Gagnon-Tremblay, l'attribution d'un centre de foires à Sherbrooke n'empêchera pas le gouvernement Charest d'étudier les dossiers des trois autres villes concurrentes. Québec gardera toutefois à l'esprit le fait que les centres de foires «ne doivent pas se faire compétition».
Ce critère nuira vraisemblablement au projet de Drummondville, situé à environ 50 minutes du futur centre de foires de Sherbrooke. Des centres de foires sont déjà implantés à Montréal et à Québec.
«L'enveloppe de 6 M $ [NDLR: du gouvernement provincial] pour Sherbrooke est réservée, elle est là», affirme la députée provinciale de Saint-François.
Seul le désistement du gouvernement conservateur ou de la Ville de Sherbrooke pourrait faire dérailler le projet, ce qui apparaît très peu probable puisque Québec est maître d'oeuvre dans l'attribution des subventions du programme Chantiers Canada.
«Il faut maintenant s'adresser au fédéral pour s'assurer qu'il est prêt à investir ses 6 M $», précise Mme Gagnon-Tremblay. En excluant les subventions fédérale et provinciale de 11,5 M $, les contribuables sherbrookois devront assumer la somme restante de 9,7 M $ pour que le centre de foires soit construit au plateau Saint-Joseph. Le projet total est estimé à 21,1 M $.
Pour expliquer que le projet de centre de foires se concrétisera à coup sûr à Sherbrooke, Mme Gagnon-Tremblay rappelle qu'elle s'est engagée, lors des élections de l'automne dernier, à soutenir le projet sherbrookois au sein du gouvernement Charest. « J'ai l'habitude de respecter mes engagements», rappelle-t-elle, en ajoutant que, «pour Drummondville et Trois-Rivières, on verra».
Le dossier de Sherbrooke, indique Mme Gagnon-Tremblay, devra d'abord être acheminé à la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau. Celle-ci devra déterminer les projets qu'elle retient dans l'année compte tenu de son budget d'infrastructures, sans nécessairement consulter le conseil des ministres. La ministre Normandeau devra ultimement soumettre sa décision à la présidente du Conseil du Trésor, soit... Monique Gagnon-Tremblay.
Les démarches entre les trois paliers de gouvernement devraient prendre quelques semaines. «En juin, on aura une bonne idée», avance la ministre responsable de l'Estrie.
"C'est toute la population qui a gagné"
Monique Gagnon-Tremblay ne s'en fait pas outre mesure avec les récentes dissensions des conseillers municipaux de Sherbrooke concernant le choix du site.
«Il fallait prendre une décision et c'est normal que les élus défendent leur point de vue et leur population. L'unanimité est une denrée rare en politique. Je souhaite que tous les élus se rallient maintenant à cette décision. Ce n'est pas le quartier Ouest qui a gagné contre l'Est: c'est toute la population de Sherbrooke qui va obtenir le centre de foires.»












