Hôtel de la Cité des rivières: entre le rêve et la réalité

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Hôtel de la Cité des rivières: entre le rêve et la réalité

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Voici une esquisse de la Cité des rivières, avec le pavillon thématique à droite et l'hôtel à gauche.

Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Finalement, l'une des intersections les plus passantes à Sherbrooke mais malgré tout vacante depuis une vingtaine d'années, le coin King-Belvédère, reprendra vie. Il sera meublé avec un hôtel de la chaîne québécoise Times.

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Une autre esquisse de la Cité des rivières.

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Une autre esquisse de la Cité des rivières.

Vingt ans à rêvasser et à fantasmer pour revenir à la sobriété et à la réalité. Sherbrooke n'est pas New York.

On roulait la pédale au fond et en sniffant du gaz d'avion quand, à l'aube des années 2000, on a cru possible dans les plans de Cité des rivières d'empiler le pavillon thématique, un hôtel, des espaces commerciaux et à bureaux, des jardins d'eau ainsi qu'une promenade à Place de la Gare. Il ne restait pratiquement pas un brin d'herbe dans cette proposition de développement dense, qui avait alors été décriée.

 

Le pavillon thématique avait justement l'allure d'un avion cargo venu s'écraser en bordure du lac des Nations tandis que l'hôtel avait la forme d'un écran de ciné-parc. Ça rigolait hier dans la salle de rédaction quand j'ai sorti mon catalogue de croquis (dont on pourra voir certaines images sur latribune.cyberpresse.ca un peu plus tard aujourd'hui de ces moments de grandes ambitions imaginées dans un nuage de tabac comique...

Le résultat final sera l'antithèse de l'approche de départ, il n'y aura qu'un seul bâtiment. Presque les deux tiers de la superficie totale des terrains demeureront en gazon. Sans même avoir eu à livrer de combat, les verts ont gagné ! Enfin, pas tout à fait, car il y aura abondance de stationnements pour contraster dans le décor de la luxuriante pelouse.

Les propriétaires de la chaîne Times l'avaient indiqué clairement dès le départ, il n'y avait aucune rentabilité possible pour un hôtel de cette catégorie avec l'obligation d'investir 4 M $ pour 200 places de stationnement souterrain. En éliminant la moitié de ces espaces, la facture a baissé d'autant.

Les promoteurs récupèrent un autre 25% sur ces coûts excédentaires en économisant 500 000 $ pour l'acquisition des terrains. La Ville demeurera propriétaire de ce lot de 12 500 pieds carrés dont elle protégera le caractère public en surface. Formule intelligente «donnant-donnant».

Reste que ce compromis aura des répercussions sur l'aspect visuel du secteur. Sur plus de la moitié de la distance séparant la rue King de la voie ferrée, le côté ouest de la rue Belvédère aura l'air d'une devanture de centre commercial. Pas nécessairement le rendement le plus profitable pour de coûteux investissements publics avoisinant les 10 M $ pour acheter et démolir en bordure du lac.

 

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Une autre esquisse de la Cité des rivières.

«Le syndrome de la brique rouge»

L'architecture tranche avec le passé, avec «le syndrome de la brique rouge», le style «Nouvelle-Angleterre» auquel les concepteurs de la Cité des rivières étaient demeurés jusqu'ici fidèles.

Après avoir inventorié le patrimoine bâti du centre-ville de Sherbrooke, les propriétaires de Times auraient relevé que s'il est vrai que la plupart des bâtiments témoins d'un passé industriel glorieux sont quasi uniformes, les constructions de prestige comme l'hôtel de ville, les anciens édifices des banques sur Wellington ou le palais de justice, sont en béton. Ils veulent que leur hôtel appartienne à cette catégorie d'édifices.

C'est loin d'être une mauvaise affaire pour Sherbrooke. Bien que le projet soit beaucoup plus modeste que toutes les versions qui l'ont précédé, il est de bon ton, de bon goût et cadre avec les besoins de la communauté sherbrookoise.

Il ne faut jamais étouffer nos ambitions mais il est bon de savoir les doser. L'hôtel Times qui habillera le lac des Nations n'aura pas l'exubérance et l'opulence des aspirations initiales. Sauf qu'il sera à la dimension de Sherbrooke. De sa réalité et de son marché.

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