C'est le cas de Beaucage Chevrolet Cadillac de Sherbrooke, que l'homme d'affaires Daniel Beaucage souhaite fermer aussi rapidement que possible. Celui-ci est en pourparlers avec son compétiteur Thibault Pontiac Buick de Sherbrooke afin de lui céder inventaire, pièces et outils.
«De toute façon, on n'a pas l'inventaire pour rester ouverts jusqu'en décembre 2009 (date de fermeture fixée par GM), explique M. Beaucage. Toutefois, il nous faut l'accord de GM pour fermer plus tôt.» Les autorisations sont demandées.
Et avant même l'annonce de GM qui a pris tout le monde par surprise, le groupe Beaucage, qui possède 15 autres bannières à Sherbrooke, Granby et Drummondville, projetait ouvrir deux nouveaux concessionnaires. «On suivait les échéanciers.» Ça risque maintenant d'aller plus vite.
Impossible toutefois de savoir quelles bannières seront exploitées ou encore dans quelles villes. Une chose est sûre, «on a entre les mains un bâtiment à usage unique. On ne s'en servira pas pour louer des cassettes», illustre Daniel Beaucage.
Du côté de Lamoureux Pontiac Buick de Coaticook, Marie-Claude Lamoureux indique que la décision finale n'est pas prise, malgré le fait que GM avait donné jusqu'à mardi à ses franchisés pour accepter ou refuser son offre.
«La date la plus importante pour nous est le 1er juin, car c'est là où GM prendra sa décision concernant la loi sur la faillite. D'ici là, rien ne prévaut.»
Toutefois, Mme Lamoureux confirme que des démarches sont entreprises avec d'autres fabricants, bien que tout soit en suspens pour l'instant. «On ne se fie pas à GM dans le contexte actuel et on a 17 emplois à sauvegarder», lâche-t-elle.
Pourtant, il y a 57 ans et trois générations que la famille Lamoureux est associée à GM à Coaticook. La précipitation avec laquelle le fabricant a annoncé les coupes laisse-t-elle un petit goût amer? «Un gros goût amer», confirme Mme Lamoureux, qui avoue ne pas comprendre les critères de GM.
Daniel Beaucage se risque à spéculer. «Il y avait 10 ans que je disais qu'il y avait trop de concessions GM dans la région. Non, une concession ne coûte rien à GM et il n'économisera pas avec les fermetures. Mais le réseau doit être rentable. Si le concessionnaire ne fait pas d'argent, tout le monde s'en ressent. Et au volume de voitures qu'ils pensent produire, je pense qu'ils vont finir à la moitié de ce que c'est présentement.»
Et pourquoi ne pas avoir laissé les concessionnaires choisir s'ils voulaient se dissocier? «Personne n'aurait voulu, répond M. Beaucage. Tout le monde aurait attendu en espérant que le marché reprenne. GM a pris la bonne décision», estime-t-il, tout en se disant attristé de tourner cette page d'histoire.
Comme il l'avait laissé entendre la veille, le propriétaire de Dubois Pontiac Buick GMC de Plessisville, Jean-François Dubois, n'a pas apposé sa griffe au bas de la proposition de GM de fermer sa concession moyennant une compensation financière.
Le plus important vendeur de camions GMC en province au cours des dernières années a indiqué que la décision de l'entreprise était irréfléchie et a mis le dossier entre les mains de ses avocats afin que, non seulement, il puisse continuer de représenter la bannière jusqu'à l'échéance de son contrat prévu pour octobre 2010, mais qu'il puisse aussi renouveler l'entente.
Éric Thibodeau, président de Thibodeau Chevrolet Cadillac de Victoriaville, a, quant à lui, indiqué qu'il avait accepté l'offre et qu'il fermera ses portes dès que les 36 véhicules neufs et 40 véhicules usagers seront liquidés. À Drummondville, Pierre Larocque, propriétaire de Larocque Pontiac Buick GMC, a exprimé son intention de rapatrier autos, bannières et employés au Garage Montplaisir, concessionnaire Chevrolet Cadillac qui est également sa propriété.
La Tribune a tenté en vain hier de connaître les intentions de Dyson et Armstrong de Richmond et de Thibault Pontiac Buick de Magog.











