Manifestation devant le Journal de Sherbrooke

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Manifestation devant le Journal de Sherbrooke

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Ils sont plus de 200 lock outés montréalais à avoir manifesté jeudi devant les bureaux du Journal de Sherbrooke.

Imacom, Jessica Garneau

Marianne Dandurand
La Tribune

«Douloureux», a commenté le président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc. Ils sont plus de 200 lock outés montréalais à avoir manifesté jeudi devant les bureaux du Journal de Sherbrooke.

«C'est douloureux de voir ce sous produit, pas du Journal de Montréal parce que c'est du contenu local mais...» a commencé le président en cherchant comment qualifier l'hebdomadaire sherbrookois du groupe Quebecor. «Le logo est le même, a-t-il remarqué. De voir ce journal qui fonctionne, de voir que le Journal de Montréal est fait sans nous, de voir que les activités de Quebecor continuent comme si de rien n'était, c'est douloureux», a-t-il réussi à expliquer.

 

Non, les employés du Journal de Sherbrooke ne sont pas sortis pour appuyer leurs collègues montréalais. «Ils ne sont pas syndiqués», a rappelé M. Leblanc. Malgré tout, et surtout malgré les quatre mois déjà écoulés à piqueter sur le trottoir devant le Journal de Montréal, les syndiqués affiliés à la CSN gardent bonne humeur et motivation, assure le président.

Les employés sont armés pour résister à un long conflit. Mais ils ne le souhaitent pas: ils espèrent un retour rapide à la table de négociation. «Le Journal se vend moins, on le sait. Et plus le conflit va être long, plus ça va être difficile de retrouver nos lecteurs», anticipe M. Leblanc.

D'autant que le contenu en souffre, estime-t-il. Une étude a démontré que la matière rédactionnelle a diminué de 30% depuis le début du conflit de travail. Le recours à des agences comme La Presse Canadienne ou QMI, une agence interne créée récemment par Quebecor, est devenu chose courante. Ce sont les lecteurs qui sont les perdants, estime le président.

Compte tenu de ces faits, quel est l'intérêt du grand patron de Quebecor de faire durer le conflit? «Il veut peut-être épuiser notre banque. Faire perdre le moral des troupes. Perdre des employés en chemin. Économiser 300 000 $ de salaires par semaine durant une crise économique», énumère Raynald Leblanc, précisant que ce ne sont que spéculations.

Pierre-Karl Péladeau serait celui qui a la clé du conflit entre les mains, ajoute le président. En attendant, la baisse des ventes en kiosque est un élément qui «nous donne la force de continuer à se battre.» Et ils souhaitent que le boycott continue.

 

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