C'est ce qu'a confirmé Jacinthe Ouellette, directrice des communications du CHUS, jeudi. "Au cours de la dernière semaine, nous avons obtenu l'autorisation de Santé Canada pour approvisionner d'autres hôpitaux en fluorure de sodium (NaF)." Le "NaF" est un produit injecté chez le patient pour des examens osseux à l'aide du "TEP Scan" (tomographie par émission de positrons).Bien que de nombreux hôpitaux de la province possèdent leur propre "TEP Scan", seul le CHUS dispose d'un cyclotron pour la production de fluorure de sodium destiné à ce type d'examens.
Déjà, le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières pouvait compter sur le CHUS pour l'approvisionner en "NaF". S'ajoutent maintenant le CHUM (Montréal), le CHUQ (Québec) pour l'Hôtel-Dieu, de même le Centre hospitalier régional de Rimouski. Et la liste pourrait encore s'allonger.
"Selon la demande, nous verrons la possibilité d'élargir les plages horaires pour en produire davantage. Nous avons les ressources et les équipements suffisants pour répondre à la demande jusqu'à ce que la situation mondiale se rétablisse", ajoute Mme Ouellette.
"Pour l'instant, nous essayons de travailler ensemble pour assurer le bien-être des patients et réduire leur temps d'attente."
Le CHUS a la chance d'être le seul hôpital québécois à posséder l'infrastructure et le personnel spécialisé pour fabriquer le "NaF" le plus sécuritaire pour un usage chez l'humain, indique le Dr Éric Turcotte, chef clinique au Centre d'imagerie moléculaire de Sherbrooke.
"Nous sommes les seuls au Québec à être autorisés par Santé Canada pour des essais cliniques au "NaF". Il faut être certain que le fluorure est sécuritaire et nous on le garantit.
"Le but c'est de sauver le plus de technétium possible afin de l'utiliser pour des examens urgents où il n'y a pas de solution de rechange. On propose donc aux patients un examen avec le "NaF". Mais comme il s'agit d'essais cliniques autorisés par Santé Canada et que le "NaF" n'est pas encore homologué, leur consentement est nécessaire", explique le Dr Turcotte.
Le monde entier se trouve en pénurie d'isotopes médicaux depuis que le réacteur de Chalk River a cessé ses activités en raison d'une fuite d'eau lourde. Chalk River produisait 70 pour cent des isotopes utilisés au Canada et 50 pour cent de tous ceux utilisés dans le monde. Deux autres réacteurs, construits au coût de 700 millions $, n'ont jamais fonctionné pour des raisons techniques.
Les isotopes médicaux sont notamment utilisés pour générer des images lors d'examens cardiaques et pour le cancer.














