Pierre-Hugues Boisvenu, qui avait entrepris cette démarche juridique un an après la condamnation pour meurtre prémédité de Bernier, est déçu de la décision du juge Paul-Marcel Bellavance. "Pour l'instant, nous analysons la logique du jugement. C'est certain que c'est une décision décevante par rapport au travail de prévention qu'auraient pu faire les policiers. Nulle part dans ce jugement, le mot prévention n'apparaît", soulève Pierre-Hugues Boisvenu qui fera le point sur cette affaire lundi matin. Le juge Bellavance explique dans sa décision de 21 pages que les policiers Alex Therrien, Éric Beaudoin, Éric Lebel et Carl Lamoureux "ont toujours eu l'impression qu'ils avaient affaire avec Lucas (Luka) Bernier et que le frère de celui-ci arriverait plus tard", explique le juge Bellavance. Le magistrat estime qu'il "est très risqué de faire un lien causal juridique solide entre la mort de Julie Boisvenu et les décisions qu'ont prises les policiers et même les décisions qu'ils auraient pu prendre, avoir connu le dossier criminel de Hugo Bernier", justifie le juge Bellavance qui a entendu la cause au début du mois de mai 2009. Les policiers avaient fait des vérifications auprès de Hugo Bernier, qui se faisait passer pour son frère, à deux reprises dans le stationnement de la rue du Dépôt moins d'une heure avant qu'il ne traque Julie Boisvenu au centre-ville de Sherbrooke. Le juge Bellavance explique que les règles de responsabilités civiles exigent "un lien plus concret et plus direct entre une activité ou une omission policière et un décès". Il souligne que dans un système de prépondérance de la preuve, des condamnations peuvent être envisagées s'il y a des probabilités, que les possibilités ne suffisent pas. Selon lui, il faut se placer au moment où les policiers font leur enquête pour décider s'ils ont commis une faute. "Il ne fait jamais, après coup, évaluer le travail fait en étant influencé par l'ampleur de la tragédie survenue après le travail des policiers", mentionne le juge Bellavance. Le président de l'Association des policiers de Sherbrooke, Claude Toupin, s'est dit satisfait du jugement. "Nous sommes contents. Il démontre que les policiers ont agi de manière professionnelle, et dans les limites des pouvoirs qui leur sont accordés dans le cadre de leurs fonctions. Dans le même sens, leur travail a permis d'établir des pistes dans le déroulement de l'enquête", mentionne M. Toupin. La famille Boisvenu prendra la fin de semaine pour analyser la possibilité d'en appeler du jugement de Paul-Marcel Bellavance. "Il nous reste à lire et relire le jugement et à voir si c'était le criminel ou la victime qui était au mauvais endroit au mauvais moment ou s'il faut faire porter le blâme aux policiers", indique Pierre-Hugues Boisvenu.
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- > Meurtre de Julie Boisvenu: les policiers du SPS n'ont pas commis de faute
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