Cette entente, rendue publique mardi matin, permettra à Sherbrooke d'enfouir ses déchets en région pour au moins 13 ans au terme de son contrat avec la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie, en avril 2013. Sherbrooke s'assure aussi d'avoir un contrôle sur les tarifs d'enfouissement, qui devraient être les mêmes que ce que paient les Sherbrookois depuis un an pour acheminer leurs déchets à Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie.De son côté, la MRC du Haut-Saint-François peut désormais garantir un tonnage minimal pour son lieu d'enfouissement technique (LET) présentement en construction, ce qui incitera les usines de valorisation des matières résiduelles à s'installer à proximité en vue de créer un véritable parc environnemental.
«C'est un bon exemple de solution gagnante-gagnante, estime le maire de Sherbrooke, Jean Perrault. Enfin, nous pourrons compter sur une gestion régionale et intégrée de nos matières résiduelles, dans laquelle nous aurons notre mot à dire, confirmant ainsi notre choix de gestion basée sur les principes du développement durable.»
«Nous possédons un lieu d'enfouissement de haut niveau technique et environnemental, un des plus modernes au Québec, mais la participation de Sherbrooke sera précieuse pour assurer sa rentabilité et en exploiter le plein potentiel», croit pour sa part la préfète de la MRC du Haut-Saint-François, Nicole Robert.
Cette entente entre les deux partenaires donne vie à la démarche de valorisation régionale des déchets pilotée ces dernières années par la Conférence régionale des élus de l'Estrie, et avortée avant qu'une solution concrète n'ait pu se concrétiser. Les élus sherbrookois avaient alors promis de reprendre le flambeau. À terme, le LET de Bury accueillera les déchets du Haut-Saint-François et de Sherbrooke, mais aussi d'autres municipalités.
Partenaires à parts égales
En vertu de l'entente entérinée après six mois de négociations, la MRC du Haut-Saint-François et la Ville de Sherbrooke deviendront propriétaires et exploitants à parts égales du LET de Bury.
L'entente prévoit la mise sur pied de la Régie intermunicipale du centre de valorisation des matières résiduelles du Haut-Saint-François et de Sherbrooke (CVMRHSFS). La Régie sera gérée par un conseil d'administration composé de trois élus de Sherbrooke et de trois élus de la MRC du Haut-Saint-François.
Sherbrooke devrait devoir payer «quelques millions» pour acheter ses parts du LET de Bury. La valeur exacte du site sera évaluée au cours des prochains mois par une firme externe. La Régie devrait être opérationnelle d'ici six mois.
Propriétaire de son propre lieu d'enfouissement sanitaire depuis plus de 50 ans, Sherbrooke a dû fermer celui-ci l'an dernier. Aucune solution régionale n'avait pu être trouvée à ce moment-là, si bien que la Ville a dû se tourner vers le site de Saint-Étienne-des-Grès, en Mauricie, pour enfouir ses 35 000 tonnes annuelles de déchets au coût de 57,14 $ la tonne, ou 2,36 M $ par année. Le site mauricien, situé à 160 km de Sherbrooke, représentait alors une solution économique et temporaire.
« Dans un monde idéal, on aurait conclu cette entente dès la fermeture de notre site », reconnaît le président du comité exécutif de la Ville, Bernard Tanguay. Le site de Bury est situé à environ 40 km de Sherbrooke, tout juste dépassé East Angus.
Vers une séparation à l'amiable avec la Mauricie ?
Malgré cette association avec le Haut-Saint-François, la Ville de Sherbrooke assure qu'elle respectera son entente avec la Régie de la Mauricie, qui prend fin en avril 2013. Des négociations sont toutefois en cours en vue d'y mettre un terme à l'amiable avant l'échéance, de façon à ce que Sherbrooke puisse acheminer plus rapidement ses déchets à Bury. La Régie de la Mauricie serait ouverte à une telle éventualité compte tenu des nombreux défis internes auxquelles elle fait présentement face.
Au terme de l'entente avec la Régie de la Mauricie, la Ville rachètera son centre de transbordement des déchets construit en bordure de l'autoroute 610. Elle s'en servira alors pour transporter les déchets des Sherbrookois jusqu'à Bury, où sont déjà acheminées leurs matières compostables.











