Tel est le regard que pose l'urbaniste Denis Ricard, qui est chef de la division planification, aménagement et urbanisme de la Ville de Trois-Rivières. M. Ricard était l'invité de la 6e édition des Rencontres du centre-ville de Sherbrooke, mercredi, et il a soumis le modèle de revitalisation du centre-ville trifluvien à l'attention de la centaine de participants penchés sur les orientations à donner au centre-ville."Ce qui est un attrait et qui pourrait devenir une contrainte pour Sherbrooke, c'est le relief, poursuit M. Ricard, interrogé par La Tribune. Je pense que votre défi est là. Je crois qu'il faudrait penser à des repères signalétiques, par de l'aménagement, du mobilier, de petites haltes annonçant, laissant entrevoir, l'élément qu'on ne voit pas".
Selon lui, le caractère piétonnier du centre-ville pourrait aussi être exploité à certaines occasions, comme Trois-Rivières le fait pour certains événements sur une portion d'un demi-kilomètre de la rue des Forges. "Le premier touriste à intéresser dans un centre-ville, c'est le citoyen qui l'habite, rappelle-t-il. Les gens de l'extérieur la ressentent, cette sécurité de l'ambiance, quand tout a été réfléchi et pensé".
Sherbrooke devrait-elle avoir une rue piétonnière permanente? "Il appartient aux gens de le décider entre eux", fait remarquer quant à lui Ron Redmond, directeur général de Church Street Marketplace, à Burlington, au Vermont, lui aussi de passage à Sherbrooke.
À Burlington, observe-t-il, la rue Church est réservée aux piétons sur un demi-kilomètre environ, mais les rues transversales sont ouvertes aux autos. Et il faut considérer l'aspect du stationnement. Une taxe spéciale aux propriétaires fonciers permet d'offrir gratuitement les deux premières heures de stationnement pour avoir accès à la rue commerciale très animée qui est devenue comme "une scène de spectacles", dont un festival de jazz.
"C'est dangereux de fermer complètement une rue", ajoute M. Redmond. "On dit aux autres qu'il n'y a pas de solution unique et qu'il faut simplement se demander entre nous ce qui est important pour nous".
Pour un autre spécialiste, Denis Collerette, de la Ville de Gatineau, les principes à intégrer dans un centre-ville se ressemblent d'une ville à l'autre. Construction de nouveaux logements, création de milieux de vie agréables et sécuritaires, densification du tissu urbain, commerces de proximité à prévoir, transport durable, espaces verts, voilà autant de préoccupations à retenir.
"J'avais vu le déclin à Sherbrooke, et maintenant le regain du centre-ville. C'est un milieu qui m'apparaît dynamique et il y a des gens qui s'impliquent", fait-il observer.
"Quand on veut qu'un centre-ville survive, il doit y avoir une adéquation avec les gens. Ce sont des quartiers d'affaires, mais des quartiers vivants", fait remarquer Lynda Bellalite, doyenne de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'Université de Sherbrooke.
Dans une perspective de développement durable, souligne-t-elle, l'organisation du territoire se fait en fonction de la conservation du milieu environnant "avec la participation citoyenne".
"Il faut essayer aussi d'amalgamer les différentes strates de population. Ça aussi fait partie de la vie d'un quartier".
La Corporation du centre-ville de Sherbrooke peaufinera d'ici la fin de 2010 son plan de développement stratégique 2010-2020, par l'entremise d'un comité présidé par Jean-Pierre Bertrand.











