Conciliation travail-études: un emploi favorise l'absentéisme

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Conciliation travail-études: un emploi favorise l\'absentéisme

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Marie-Danielle Larocque

Imacom, Maxime Picard

Isabelle Pion

(SHERBROOKE) Le travail serait la cause principale de l'absentéisme chez les étudiants du Cégep de Sherbrooke aux yeux des enseignants, avance la première étude sur le sujet au sein de l'institution.

Les étudiants, eux, ne sont pas de cet avis et montrent du doigt les méthodes pédagogiques et le dynamisme des professeurs.Ainsi, d'après l'enquête menée par le professeur retraité Henri Beauregard, l'emploi des étudiants s'avère le facteur en tête de liste pour expliquer les absences répétées des jeunes en classe, suivis du désintérêt aux activités d'apprentissage et de leur insouciance.

Les étudiants qui ont pris part à l'étude croient que le premier facteur favorisant l'absentéisme est lié aux méthodes pédagogiques et au dynamisme de l'enseignant. Ils disent aussi poser certains gestes afin de que le travail ne nuise pas à leurs études.

Selon une vaste enquête sur la conciliation travail-étude menée dans la province, environ 72 % des étudiants occupent un emploi pendant leurs études collégiales. Ils y consacrent en moyenne 17 heures par semaine. L'étude a été menée par les professeurs Jacques Roy, Marie-Anne Turcotte et Josée Bouchard du Cégep de Sainte-Foy. Les auteurs évaluent que la moitié des cégépiens qui ont déjà un boulot veulent accroître leur autonomie financière et l'autonomie face à leurs parents.

Lors du lancement du programme conciliation études-travail par la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke et le Cégep de Sherbrooke cet hiver, le directeur général du Cégep, Sylvain St-Cyr, mentionnait qu'en 1988, 34 % des étudiants du collégial travaillaient pendant l'année scolaire.

La bonne nouvelle, bien que le phénomène soit complexe, c'est que la situation au Cégep de Sherbrooke ne s'avère pas généralisée. Selon les données présentées ce printemps au Cégep par M. Beauregard, près de la moitié des enseignants chiffrent l'absentéisme à un taux de moins de 10 %, tandis que près du quart estiment que ce taux serait supérieur à 15 %, parfois même 25 %.

Henri Beauregard distingue deux groupes d'enseignants: ceux pour qui le phénomène s'avère très ou assez important (40 %) et ceux qui le jugent peu (48%) ou pas du tout important (12%).

Par absentéisme, le professeur retraité entend des absences non motivées et répétées, excluant les motifs de maladie. Avec cette étude, M. Beauregard souhaitait tracer un portrait plus juste de la situation.

"Au Cégep, depuis plusieurs années, c'est une question qui est très débattue. À un moment donné, certains amenaient une solution, soit une politique de présence obligatoire en classe... C'est bien beau mettre de l'avant cette solution, mais quelle est l'ampleur du phénomène?" explique M. Beauregard.

Pour Chantal Daneau, directrice de l'enseignement et des programmes (secteur des arts, des lettres et de la gestion), même si le phénomène n'est pas généralisé, il s'avère tout de même préoccupant. Et si le travail est un important facteur d'absentéisme, il n'est pas le seul: la motivation et la gestion du temps entrent aussi en ligne de compte. En ce qui concerne les préoccupations financières des étudiants, Mme Daneau estime que rémunérer les jeunes en stage, par exemple, pourrait s'avérer une avenue intéressante.

"Je considère l'absentéisme comme un phénomène précurseur d'un élève qui va avoir des difficultés; un élève qui commence à faire preuve d'absentéisme, c'est un signe qu'il va y avoir des problèmes, peu importe la cause. C'est une hypothèse", avance M. Beauregard. Aux yeux des enseignants interrogés pour cette enquête, les absences répétées mènent tout droit vers l'échec.

Pour recueillir ces données, le chercheur a notamment fait des entrevues et des sondages avec des enseignants, en plus de groupes de discussions avec les étudiants. La marge d'erreur est d'environ sept pour cent.

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