Leurs bâtons de marche à peine rangés, certains membres du groupe parlent déjà de retourner faire l'ascension de cette montagne du New Hampshire, dont le sommet se trouve à 1600 mètres d'altitude. Dans ce cas, c'est mission accomplie, estime l'éducateur physique Jean-Guy Blais. La randonnée s'avère un sport peu coûteux à pratiquer, souligne sa collègue Lucie Boutin. Le but des enseignants: donner la piqûre aux jeunes et à leurs parents.Plusieurs écoles de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) proposent aussi ce genre d'expédition aux jeunes du primaire. Par le passé, une sortie à Ottawa était organisée, raconte Jean-Guy Blais, mais le personnel de l'école s'est dit qu'une excursion en pleine nature interpellerait davantage les jeunes.
L'expédition a réuni plus de 100 personnes, dont quelque 80 jeunes, du personnel de l'école et bon nombre de parents. Ces derniers ont veillé au bon déroulement de cette sortie de fin d'année: préparation de la nourriture, transport, surveillance... Parmi tout ce beau monde se trouvait l'éducateur physique Jacques Duquette, qui cumule une cinquantaine d'ascensions au mont Lafayette et qui s'apprête à prendre sa retraite.
Pourquoi le mont Lafayette? Pour son envergure, le défi qu'il représente... et sa beauté, explique M. Blais. De plus, souligne-t-il, le mont se trouve seulement à environ deux heures et quart de route.
Un défi à sa mesure
Au fil des derniers mois, les grands de l'école du secteur Rock Forest ont grimpé le mont Ham, le mont Chauve et le pic de l'Ours, entre autres, en prévision de la grande expédition. En fait, toute l'école semble maintenant prendre goût aux randonnées en plein air, les différents niveaux choisissant un défi à sa mesure.
Étaient-ils prêts physiquement? "Oui!" lance sans détour Olivier Tremblay, l'un des jeunes randonneurs. Le défi était davantage "mental", dit-il, puisque se rendre au refuge demandait environ trois heures de marche. "Trois heures à marcher, c'est long!" lance-t-il. Mais en chantant, le temps passe déjà plus vite!
Une fois le refuge atteint, situé à environ 4200 pieds, le groupe a dû prendre la décision de revenir sur ses pas plutôt que de continuer en direction du sommet. "Beaucoup de parents étaient déçus, lance l'enseignante Mélanie Bonin. Ça n'aurait pas été prudent."
N'empêche. Qu'ont retenu les randonneurs? L'entraide, répond spontanément Élizabeth Gagné-Larose. La persévérance, aussi. En se déplaçant en si grand nombre, il faut aussi penser au groupe avant soi: si l'un fait des "folies" et met le groupe dans une situation délicate, tout le monde en paie le prix, illustre Jean-Guy Blais.
L'occasion s'avérait aussi parfaite pour sensibiliser les enfants au respect de la nature, à l'importance de laisser le moins de traces possible de leur passage. De plus, le bagage des enfants s'avère sans doute maintenant plus riche de détermination, estime Mélanie Bonin.
"C'est sûr qu'ils en sortent grandis", estime la jeune enseignante, qui souligne que le groupe avait déjà une belle complicité au départ. Il y a un esprit de groupe, une cohésion qui se crée..."











