Après le Grand prix de Valcourt et la municipalité de Wickham où des soupçons criminels planent, voilà que c'est un organisme communautaire de Sherbrooke voué aux adolescents qui s'est vraisemblablement fait arnaquer à l'interne.
Nathalie LeBlanc fait face à des accusations de vol et de fraude au palais de justice de Sherbrooke. Défendue par Me Christian Raymond, la femme de 29 ans reviendra devant le tribunal le 4 août pour prise de position dans son dossier.
«C'est lors d'un congé maladie de notre ex-coordonnatrice que nous avons découvert que des choses ne fonctionnaient pas. Elle avait bien caché son affaire. Je me suis mis à faire des vérifications et je ne croyais pas ce que je voyais. Certains fournisseurs qui auraient dû être payés ne l'étaient pas», mentionne le président de la maison des jeunes Azimut Nord, Alexandre Lavallée.
Une plainte criminelle a été déposée au Service de police de Sherbrooke pour qu'une enquête soit effectuée. Des procédures civiles doivent aussi être entreprises par la maison des jeunes Azimut Nord contre Nathalie LeBlanc.
«Une employée utilisait entre autres la carte de crédit de la maison des jeunes alors qu'elle était en congé maladie. Il manquait aussi des justifications pour des dépenses», explique la porte-parole du SPS, Karine Côté.
Le rapport annuel de l'organisme déposé lors de la dernière assemblée générale annuelle fait état de la tempête qui a secoué la maison des jeunes établie au parc Jacques-Cartier.
Les rapports des années financières 2008 et 2009 de l'organisation rendent compte de sorties de fonds non justifiées de 45 924 $, 14 021 $ en 2009 et 31 903 $ en 2008.
«Au cours de l'exercice, l'organisme a constaté des sorties de fonds non justifiées. Même si des procédures légales ont été entreprises, le recouvrement de ces argents est jugé peu probable par les administrateurs...» explique le comptable agréé chargé de la vérification financière de la maison des jeunes Azimut Nord.
Le président de la maison des jeunes explique que le conseil d'administration, la nouvelle équipe de gestion et les jeunes se sont retroussé les manches afin de se relever de cette situation déplorable.
«Nous avons dû nous retourner le plus vite possible. Les jeunes ont été intégrés à la relance en participant à plusieurs activités d'autofinancement, en acceptant une réduction des heures de service et en s'impliquant au comité d'embauche du personnel. Nos employés ont aussi dû redoubler d'effort pour motiver les jeunes à la suite de cette affaire», explique Alexandre Lavallée.
Ce dernier assure que les mesures de sécurité autour des dépenses de l'organisme ont été redoublées.
«Nous avons changé nos façons de faire. Les mesures de contrôle des finances ont été resserrées. Les chiffres sont maintenant plus transparents. Nous avons aussi rétabli une communication efficace entre le conseil d'administration, les jeunes et l'équipe de gestion», assure le président de l'organisme.
Membre du conseil d'administration du regroupement des maisons des jeunes du Québec et représentant pour la région à cette table, Christian Bibeau assure que la maison des jeunes Azimuth Nord a pris un important virage à la suite de cette affaire d'irrégularités de dépenses.
«Les partenaires ont dû être à nouveau sollicités pour trouver de l'argent. Les jeunes ne devaient pas être pénalisés pour les agissements d'un individu. Ce genre d'événement est déplorable et concerne seulement une personne et non pas l'organisme. Ce sont des affaires qui arrivent malheureusement tant au communautaire qu'au privé. Cependant, c'est une situation exceptionnelle dans une maison des jeunes», mentionne M. Bibeau.











