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Les hommes et la profession d'infirmier: l'UdeS ausculte la situation

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Les hommes et la profession d\'infirmier: l\'UdeS ausculte la situation

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Archives La Tribune, Jessica Garneau

Isabelle Pion
La Tribune

(SHERBROOKE) Pourquoi les hommes boudent-ils la profession d'infirmier? Que peut-on faire pour les inciter à opter pour ce gagne-pain?

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Marcelle Gingras

Archives La Tribune, Christian Landry

À la demande de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie (ASSSE), une équipe de l'Université de Sherbrooke s'est intéressée au sujet, alors que le renouvellement de la main-d'oeuvre pose un défi particulier dans le milieu de la santé et des services sociaux.

 

«Elle voulait documenter la situation des hommes dans ce domaine, comprendre comment ça se fait qu'il y a très peu d'hommes, aussi le fait que lorsqu'il y en a, on s'aperçoit qu'ils ne restent pas, qu'ils changent de domaine», explique Marcelle Gingras, professeure au département d'orientation professionnelle de l'UdeS, qui a mené l'étude en collaboration avec Josée Leblanc, aussi de l'UdeS.

Selon des données de l'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ), les infirmières composent 91 % de ce corps professoral. Elles sont plus de 63 000 à exercer cette profession... comparativement à un peu plus de 6500 hommes.

Selon l'ASSSE, seulement 10,5 % des effectifs en soins infirmiers sont des hommes. Pour l'ensemble du Canada, des chiffres de 2006 démontrent que les hommes représentent à peine 5,6 % des effectifs infirmiers. Le Québec s'avère la province où la proportion d'hommes travaillant dans ce domaine est la plus élevée.

L'objectif, avec cette étude, était de voir ce que contient la littérature scientifique afin de faire ressortir les facteurs d'influence du choix professionnel, autant favorables que défavorables, afin de pouvoir mettre en oeuvre certaines stratégies visant à susciter l'intérêt des hommes pour cette profession.

«Depuis trois ans, les gens travaillent de façon régulière sur la planification de la main-d'oeuvre, à identifier des choses que l'on devrait faire», commente la directrice générale associée à l'ASSSE, Johanne Turgeon, en soulignant qu'un plan d'action a été mis en place. L'une des mesures est de faire la promotion des métiers liés au milieu de la santé, avec des journées d'exploration en collaboration avec les écoles secondaires.

Parmi les facteurs d'influence pouvant éloigner les hommes des soins infirmiers, l'étude note les «stéréotypes liés au genre» dans la société et l'usage exclusif du féminin dans le langage, de même que l'absence de modèles masculins, entre autres. Le désir d'aider les autres, la possibilité de voyager et la sécurité d'emploi s'avèrent de leur côté des facteurs pouvant donner envie aux hommes d'opter pour ce choix professionnel.

Certains facteurs d'attrait sont les mêmes pour les hommes et les femmes, notamment le goût d'aider les autres.

«Ce qu'on a vu, c'est qu'il y a souvent des hommes qui font ça en deuxième carrière», indique Mme Gingras.

Quoi faire ?

Que peut faire le milieu pour améliorer le recrutement? Mme Gingras propose entre autres d'offrir aux jeunes hommes des activités d'exploration de la profession d'infirmier et de faire de la promotion dans les institutions.

De plus, pour favoriser la persévérance aux études dans les programmes de formation en soins infirmiers, elle suggère de sensibiliser les enseignants et les autres membres du personnel «sur les perceptions et les attitudes qui engendrent de la discrimination à l'égard des étudiants infirmiers», de présenter des modèles masculins et de favoriser le regroupement des étudiants de sexe masculin.

Selon les données de l'ASSSE, l'ensemble du personnel du milieu de la santé est composé environ à 78 % de femmes.

 

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