Dons d'Hydro aux écoles privées: «Je suis indignée»

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Dons d\'Hydro aux écoles privées: «Je suis indignée»

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Josée Bouchard

Imacom, Christian Landry

Isabelle Pion
La Tribune

(Sherbrooke) La nouvelle présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, se dit «outrée» des sommes remises par Hydro-Québec aux écoles privées. Comme son prédécesseur André Caron, elle réclame l'abolition graduelle du financement aux écoles privées, qui sont financées à 60 % par l'État.

Rappelons qu'Hydro-Québec fait la manchette depuis que La Presse a révélé que la société d'État a fait des dons à des collèges qu'a fréquentés son président et directeur général, Thierry Vandal. Des voix se sont aussi élevées en raison du financement accordé à des établissements d'enseignement privés.

Le Séminaire de Sherbrooke, pour sa part, a déjà touché 15000 $ et doit toucher 165 000 $ au cours des prochaines années. Le don a été fait dans le cadre de la campagne Ensemble, une campagne de financement qui a réuni plusieurs institutions, dont l'Université de Sherbrooke, le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), le Séminaire de Sherbrooke, l'Institut universitaire de gériatrie et l'hôpital Charles-Lemoyne de Longueuil. .

 

«C'est du bonbon, dit-elle à propos de la nouvelle sur le Séminaire de Sherbrooke. On a Thierry Vandal qui fait partie d'une élite importante au Québec, qui est à la tête de la plus grande société d'État de la province, qui représente soi-disant un réseau public et qui finance le réseau privé. On a vu plusieurs centaines de milliers de dollars débouler au cours des derniers jours. Je suis indignée, outrée. On ne peut pas accepter que quelqu'un qui fasse partie de l'élite valorise cela.»

Hydro-Québec, qui dit revoir actuellement ses pratiques, a fait savoir par son porte-parole qu'elle ne financerait plus les institutions privées. Mais n'est-ce pas l'ensemble des établissements d'enseignement privés qui souffriront des apparences de conflit d'intérêt du PDG d'Hydro-Québec?

«Ces gens-là ont des fondations très riches; ils ont des anciens à la tête de grandes entreprises. S'ils veulent faire appel à d'autres personnes pour financer des projets, qu'ils fassent appel au privé», répond-elle.

Josée Bouchard, qui entame un mandat de deux ans à la Fédération, et qui a occupé la vice-présidence pendant six ans, s'est arrêtée à La Tribune, jeudi, dans le cadre d'une tournée provinciale.

En entrevue mercredi, le directeur général du Séminaire de Sherbrooke, André Métras, a rappelé que les écoles privées doivent trouver les 40 % des sommes non financées par l'État et réussir, par leur mode de gestion, à offrir des services de qualité aux élèves. Les établissements privés s'investissent tout autant, notamment en ce qui a trait à la lutte au décrochage scolaire.

Il y a déjà longtemps que la FCSQ martèle le même message, soit de cesser les subventions aux écoles privées. Sera-t-il entendu cette fois-ci? Josée Bouchard préconise un gel du financement la première année et un horizon de cinq ans pour les couper complètement. «Je suis une femme tenace. On va s'occuper de tout ça. Ce que je demande au gouvernement, c'est de faire le débat. On a l'impression que le débat a été fait, mais il n'a pas été fait. Les politiciens n'ont jamais voulu le faire.»

Cette année, les commissions scolaires compteront 18376 élèves en moins dans leurs écoles, en raison de la baisse démographique et de la désertion vers le privé. Si le secondaire vit encore un ressac, le mini baby-boom au primaire se fait maintenant sentir.

«Je vais travailler fort pour que le réseau reprenne ses lettres de noblesse», fait valoir Mme Bouchard en précisant qu'il s'agit de l'une de ses priorités, avec la persévérance scolaire. Le taux de décrochage en Estrie est l'un des plus alarmants.

Jacques Ménard, président du Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires, a déjà fait valoir que la réussite à l'école n'était pas encore suffisamment un enjeu prioritaire au Québec. Aux yeux de la présidente de la FCSQ, les constats sont faits, des pistes de solutions sont sur la table. «Il y a quelque chose qui est derrière nous. On sent une plus grande mobilisation», fait-elle valoir en rappelant que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, doit déposer son plan d'action contre le décrochage très prochainement.

 

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