Sylvain Lafrance, vice-président principal des services français, venait juste d'annoncer qu'il y aurait aussi des bulletins de 30 minutes le week-end, dès janvier 2010."Moi, j'espère que ce sera avant Noël", ajoute Stéphane Laberge, qui n'a aucunement ressenti les effets des compressions à Radio-Canada cette année.
"Nous, nous étions en développement. Les investissements se chiffrent à 7 millions $. Nous venons d'embaucher une dizaine de personnes. En octobre, nos bulletins du lundi au mercredi passeront d'une demi-heure à une heure. Les jeudis et vendredis, la deuxième demi-heure sera conservée par nos émissions Sortir et Plan de match."
On n'avait pas vu tel débarquement radio-canadien à Sherbrooke depuis 2002, année où Radio-Canada Estrie s'était dotée de sa propre salle de nouvelles. Même le grand patron et président de Radio-Canada/CBC, Hubert Lacroix, ainsi que le premier ministre Jean Charest s'étaient déplacés. Sans compter toute la brochette d'artisans de la nouvelle programmation, dont Jean-René Dufort, Martin Larocque, Charles Tisseyre, Pascale Nadeau, Pierre Craig, Brigitte Lafleur, Maxime Denommée et plusieurs autres...
Le tout avait commencé aux aurores, alors que René Homier-Roy et toute son équipe ont animé C'est bien meilleur le matin depuis les nouveaux studios sherbrookois. Beau prétexte pour interviewer le maire Jean Perrault, Richard Séguin, Garou et même le rédacteur en chef de La Tribune, Maurice Cloutier.
Pierre Maisonneuve et Marie-Christine Trottier ont aussi animé rue King Ouest leur émission respective de la Première Chaîne et d'Espace Musique.
Caméras robotisées
Avec la nouvelle maison de Radio-Canada et son centre de production intégrée flambant neuf, les équipes de la télé et de la radio travaillent maintenant sous un même toit, en plus de profiter de la fine pointe de la technologie, la plus moderne du pays, selon Sylvain Lafrance.
Par exemple, les journalistes peuvent désormais faire eux-mêmes le montage de leur reportage à leur bureau, grâce à un ordinateur muni d'un écran tactile et d'un micro.
"Auparavant, il fallait toujours vérifier si une des deux salles de montage n'était pas occupée. Et comme les journalistes en ont souvent besoin en même temps, vers 16 h..." explique le journaliste Claude Fortin, lors de la visite des nouveaux studios.
De même, lors de la diffusion des bulletins, toute la tâche de réalisation (transitions, infographie, mouvements de caméras
est désormais programmée d'avance (car deux caméras sont robotisées). La tâche de plusieurs personnes peut donc se faire à deux.
Les projecteurs traditionnels ont été remplacés par un éclairage DEL, beaucoup moins énergivore, qui ne dégage pas de chaleur et fait diminuer les coûts de climatisation.
Changer les règles
Une telle expansion n'aurait été possible si le CRTC n'avait créé un nouveau fonds pour la production locale et régionale. "Cela nous donne une énorme poussée d'accélération", dit Sylvain Lafrance.
Hubert Lacroix n'a par ailleurs laissé aucun doute sur sa détermination à faire changer les règles sur les redevances des câblodistributeurs. Actuellement, les chaînes spécialisées reçoivent une part des frais imposés aux abonnés du câble et de la télé par satellite, mais pas les chaînes généralistes. "Même si ces entreprises offrent plus de grand contenu. Ce sera notre priorité l'automne prochain. On ne peut plus financer seulement avec la publicité."
Le maire Jean Perrault était particulièrement heureux que Radio-Canada soit sorti du parc industriel pour s'établir au centre-ville. "Je vous félicite pour le choix de l'emplacement. Vous nous avez écoutés."
La journée s'est terminée par des portes ouvertes des nouveaux studios, entre 18 h et 21 h.












