«Vous ne pensez pas que vous avez été un peu naïf?» s'est fait demander Gordon Barnett par l'agent de l'Autorité des marchés financiers qui l'a rencontré après qu'il eut été trompé dans l'affaire Norshield. Floué et accusé.
Il n'y a pas moyen de se prémunir contre les arnaqueurs, estiment quatre victimes de divers crimes économiques qui ont rencontré vendredi la députée Monique Gagnon-Tremblay à ses bureaux de Sherbrooke pour la sensibiliser à la cause.
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«Il y a même un comptable agréé qui s'est fait prendre», ajoute Marcel Roux. «Et des ministres dans l'affaire Norbourg», renchérit Pierre Gravel. Sans oublier les caisses de retraite des Villes de Sherbrooke, Laval et Saguenay, énumèrent-ils.
Malgré tout, c'est en leur disant qu'ils auraient dû se «poser des questions» que la ministre a accueilli les quatre victimes, relatent-elles. Rien qui ne les a étonnées.
«Les gens ont honte de ce qui leur est arrivé. Ma femme a voulu me lancer en bas du sixième étage quand elle a appris la nouvelle, illustre Pierre Gravel. Ça crée de gros problèmes à tous les niveaux. Mais on est des victimes», insiste-t-il.
M. Gravel fait partie des rares investisseurs de Norbourg qui ont pu récupérer une partie de leurs avoirs via l'AMF. Dans son cas, il a récupéré les deux tiers des 300 000 $ investis. Ce qui est loin de tout réparer.
Les langues sont acerbes quand vient le temps de parler des arnaqueurs. «(Bernard) Madoff, au moins, a plaidé coupable. (Vincent) Lacroix n'a jamais démontré d'empathie pour ses victimes. Il ne fait que nous trainer depuis le début», ajoute M. Gravel.
Les quatre victimes qui ont rencontré Mme Gagnon-Tremblay savent bien qu'ils n'ont rien à gagner, personnellement, à mener cette lutte. «Mais c'est primordial pour le bien-être des citoyens. C'est pour les autres qu'on le fait», soutient Gordon Barnett.
«Mieux vaut prévenir que guérir, ajoute Janet Watson. Il faut éduquer les gens. Et donner des outils pour ça ne se reproduise plus.»
«L'AMF devrait pouvoir poursuivre de façon plus agressive. Pouvoir prévenir les crimes qui coûtent cher aux victimes, mais à la société aussi, à cause des poursuites et des peines de prison», croit M. Barnett. À l'instar des autres victimes rencontrées, il souhaite aussi que le Québec accepte le projet de Stephen Harper de créer une commission pancanadienne des valeurs mobilières. Mount Real était enregistrée en Alberta, mais a fait des victimes au Québec, illustre-t-il. «Comment le Québec peut-il contrôler ça? C'est douteux...»
«Mme Gagnon-Tremblay nous a dit que M. Charest est contre parce que le Québec n'a pas été consulté. Mais il ne veut pas laisser la compétence au fédéral (don't want to give up the power)», raconte Janet Watson.
Toutefois, la députée aurait indiqué qu'elle rapporterait les propos des victimes aux ministres des Finances et de la Justice.
«On a été écoutés, mais je doute des résultats. Pour eux, ce n'est pas une question de défendre des victimes. C'est un affrontement politique entre le fédéral et le provincial», déplore M. Gravel.
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