Plan de la ministre Courchesne: «très bien fait»

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Laurier Fortin... (Imacom, Jessica Garneau)

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Laurier Fortin

Imacom, Jessica Garneau

Isabelle Pion

Isabelle Pion
La Tribune

(SHERBROOKE) Le professeur de l'Université de Sherbrooke Laurier Fortin, titulaire de la Chaire de la CSRS sur la réussite et la persévérance des élèves, se dit surpris par la qualité du rapport de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.

«C'est un plan très bien fait, qui découle des connaissances actuelles de la recherche», commente-t-il en ajoutant que la stratégie touche à plusieurs aspects liés au décrochage.

 

«C'est un bon plan, bien structuré, très cohérent. La question qu'on se pose, c'est comment il va être reçu et comment il va être appliqué. Ce qu'on demande, c'est de faire les choses différemment», fait-il valoir.

À titre de coprésident de la Table estrienne de concertation interordres en éducation (TECIÉ), Bernard Lacroix émet quelques réserves. «Je m'attendais à ce que les mouvements amorcés dans les régions soient un peu plus soutenus, que l'approche soit un peu moins timide», commente-t-il tout en se réjouissant des efforts de la ministre pour sensibiliser toute la société à la persévérance scolaire.

Les projets mis en place dans la région, chapeautés par le projet Partenaires pour une réussite éducative en Estrie (PRÉE), ont été lancés grâce à des sommes obtenues par une entente spécifique. D'autres projets sont en bouillonnement, mais ceux-ci nécessiteraient un coup de pouce, note M. Lacroix, qui est aussi directeur général de la Commission scolaire des Hauts-Cantons. «Il me semble important de donner une importance plus grande à l'aspect de la société qui entoure l'école. On tient depuis longtemps le discours que l'école ne peut pas tout faire seule.»

N'y a-t-il pas plusieurs points que le milieu avait déjà mis en place? «Ça met l'accent sur des choses sur lesquelles on travaillait déjà, mais il y a un accent particulier sur certaines choses», note M. Lacroix.

Aux yeux du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE), ce plan manque d'ambition. L'objectif est de faire passer le taux de diplomation à 80 % d'ici 2020 chez les élèves de moins de 20 ans, alors que les États généraux de 1995 ciblait 85 % pour 2010, commente le président par intérim du SEE, Ghislain Lallier. Ce dernier cible plusieurs éléments négatifs, dont la baisse de ratio qui ne concerne pas du tout le niveau secondaire.

Enseignant au Triolet, Nicolas De Francesco rappelle que la lutte au décrochage est déjà bien engagée. Il cite le programme d'engagement à la persévérance scolaire (PEPS), qui permet de suivre de façon personnalisée les élèves qui sont considérés à risque, et qui ont été dépistés grâce au logiciel mis au point par M. Fortin. Tout en se réjouissant de la baisse des ratios, l'enseignant rappelle l'importance du rôle des parents, qui doivent absolument mettre la main à la pâte.

En ce qui concerne les cibles qui doivent être fixées par les commissions scolaires, Laurier Fortin estime qu'il s'agit de la bonne façon de procéder, puisqu'elle permet de suivre une ligne directrice, d'avoir un programme à long terme. «À Sherbrooke, on est exactement dans cette direction-là; ça correspond à ce que l'on fait», dit-il à propos du PEPS à la CSRS.

 

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