Steven Guilbeault: le Canada champion du réchauffement

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Steven Guilbeault: le Canada champion du réchauffement

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Steven Guilbeault

Imacom, Frédéric Côté

Isabelle Pion
La Tribune

(SHERBROOKE) «Si tout le monde consommait comme les Canadiens, cela prendrait 4,3 planètes.»

La donnée fait peur. D'autres s'avèrent encore plus inquiétantes. Mais en lançant une tonne d'informations sur le sort de notre planète, et plus particulièrement sur le réchauffement climatique qui constitue une grave menace, le porte-parole et cofondateur d'Équiterre, Steven Guilbeault, ne voulait pas effrayer les élèves de l'école du Phare, mais leur montrer qu'ils pouvaient faire eux aussi une différence.

Empreinte écologique

S'il peut sembler décourageant de s'activer seul, chaque action s'ajoute à celle des autres. Lors de la dernière édition du Jour de la Terre, indique-t-il, plus d'un demi-milliard de personnes ont pris part à des activités à travers la planète. L'écologiste a notamment voulu informer l'auditoire sur l'empreinte écologique de notre société par rapport à la biocapacité mondiale moyenne. Au Danemark, la consommation d'énergie des habitants est beaucoup moindre, alors que leur niveau de vie ressemble au nôtre.

 

«Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne planétaire. Si la température mondiale augmente de deux ou trois degrés, nous c'est de quatre ou six degrés et c'est beaucoup», illustre-t-il. Les impacts se font sentir ici comme à l'autre bout du monde.

Au Bangladesh, l'un des pays les plus pauvres, si le niveau de la mer augmente de 1,5 mètre, on estime que 17 millions de personnes pourraient être déplacées en raison de la perte d'un cinquième du territoire.

À l'été 2003, en Europe, avec des températures de 2,5 degrés au-dessus des normales, les vagues de chaleur ont créé environ 40 000 morts. Si les prévisions se concrétisent, en 2040, les températures moyennes seront de quatre degrés au-dessus de la normale, et elles seront de six degrés de plus en 2060. «Est-ce qu'on est obligé de se rendre là? C'est à nous de décider», a-t-il fait valoir en soulignant que tout le monde reconnaît qu'il y a un problème... sauf le premier ministre Stephen Harper et l'ancien président américain Georges Bush.

En un peu moins d'une heure, les élèves ont appris beaucoup, de leurs propres aveux. «Je trouve ça intéressant de savoir qu'il y a de l'énergie solaire, éolienne et géothermique qui commence à être utilisée. J'en avais entendu parler, mais je ne pensais pas que c'était autant utilisé dans le monde», note Valérie Marcoux, une élève de cinquième secondaire. L'auditoire était composé d'élèves de quatrième et cinquième secondaire du programme d'éducation internationale. «C'était très intéressant; ça nous sensibilise à l'environnement», renchérit Roberto Rijo.

Les jeunes s'avèrent d'excellents ambassadeurs pour améliorer le sort de notre planète, admet Steven Guilbeault.

«Il y a certaines choses que l'on a notées chez les jeunes: c'est un certain pessimisme, comme pour le réchauffement climatique ou les OGM. Ils ont l'impression qu'ils sont totalement dépourvus, mais on fait tous partie de la solution. Une amie de ma fille a demandé à sa mère s'il faudrait changer de planète quand elle allait être grande. Il faut se préoccuper de ça, mais il ne faut pas écraser les jeunes: il faut leur laisser un message d'espoir...»

 

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