Visiblement ému et serein, celui qui a dirigé la Ville de Sherbrooke pendant 15 ans - ce qui en fait le plus long règne de l'histoire sherbrookoise - a d'abord dressé le bilan de sa carrière politique avant d'être chaudement ovationné par les membres du conseil et plusieurs dizaines de parents, amis et collaborateurs politiques.
Les 19 conseillers ont ensuite salué à tour de rôle ses nombreuses réalisations, que ce soit avec sérieux, nostalgie ou humour.
«J'ai passé des moments exceptionnels dont je garderai des souvenirs impérissables pour le reste de mes jours», a livré M. Perrault, tout en remerciant les citoyens pour cette confiance renouvelée sept fois plutôt qu'une au cours de ces 27 ans de vie politique.
«C'est avec beaucoup de nostalgie et d'émotions que je quitte ce siège, mais aussi avec le sentiment du devoir accompli», a-t-il affirmé.
Plusieurs élus ont cité la fusion municipale, la création de la Cité des rivières et le partage d'Hydro-Sherbrooke entre tous les Sherbrookois parmi ses réalisations les plus marquantes.
Sa détermination, sa vision, son leadership et son rôle d'ambassadeur pour Sherbrooke à l'échelle du pays au sein de la Fédération canadienne des municipalités ont été maintes fois relevés par ses collègues du conseil.
Son bras droit et président du comité exécutif, Bernard Tanguay, estime que le prochain maire ou la prochaine mairesse aura «probablement la paire de souliers la plus difficile à chausser» de l'histoire sherbrookoise tellement le maire Perrault a été présent et marquant pour Sherbrooke.
Un métier difficile
M. Perrault reconnaît qu'il a «commis des erreurs» et qu'il a connu des «moments difficiles» dans sa carrière politique, «mais ce n'était jamais mal intentionné», a-t-il précisé dans son discours.
Le maire sortant dit avoir réalisé que le métier de politicien est «devenu très difficile et ingrat». Malgré tout, il souhaite que la relève se fasse nombreuse au cours de la campagne électorale qui s'amorce. M. Perrault a aussi eu quelques mots pour «ceux et celles que j'ai dû subir au quotidien», soit... les journalistes! «Sans rancune», leur a-t-il lancé avec un large sourire.
Présente dans la salle, son épouse Nicole s'est dite «émue et contente» au terme de cette soirée forte en émotions. Elle admet ne pas être certaine que son mari sera capable d'arrêter de travailler. Chose certaine, les prochaines vacances seront plus longues qu'à l'habitude. Quant à savoir ce qui occupera M. Perrault au cours des prochains mois, le nouveau «retraité» fera notamment partie d'un comité de vigie provincial visant à contrer le décrochage scolaire.
«La politique passe, la famille reste», lui a rappelé la conseillère Mariette Fugère. «Vous pouvez partir tranquille, on va s'occuper de la maison», l'a rassuré Serge Paquin.











