Le promoteur de la tour projetée de 16 étages à proximité du lac des Nations ne comprend pas pourquoi les élus ont unanimement rejeté son projet de 30 M $ sans même l'avoir soumis aux citoyens dans le cadre d'une consultation publique.
"Ils disent toujours que ce sont les citoyens qui décident, mais là, les élus et les fonctionnaires veulent imposer leur décision, déplore Robert Côté. Pourquoi ne convoquent-ils pas une consultation publique? Parce qu'ils ont peur d'avoir tort devant les citoyens?"Dans une décision unanime, les élus de la Ville de Sherbrooke ont rejeté, lundi soir, l'ambitieux projet immobilier que le promoteur Côté caresse depuis des années le long de la rue du Pacifique, entre les rues de Dieppe et Claire-Jolicoeur.
Le promoteur souhaite y construire deux immeubles résidentiels de 16 et 7 étages (totalisant environ 300 logements) en contrebas du Château Bellevue, alors que le zonage n'y autorise que les bâtiments d'un maximum de six étages. Un édifice commercial fait aussi partie du projet.
Les élus font valoir que l'immeuble de 16 étages constituerait "un élément discordant dans le paysage" et aurait un effet "intrusif et discordant" dans le dénivelé entre le mont Bellevue et le lac des Nations, en plus de cacher la vue aux résidants des trois immeubles de la rue McManamy situés en contre-haut.
À ce sujet, le promoteur Robert Côté affirme avoir l'appui de 50 des 75 résidants des condominiums du Château Bellevue. Il dit aussi avoir récolté des signatures d'appui de 60 pour cent des locataires de ses immeubles Le Riviera et Le Riverain.
"J'ai pris beaucoup de temps pour leur expliquer le projet, mais la Ville ne m'a pas demandé de déposer ces signatures au greffe, déplore-t-il. Je ne sais pas si les élus étaient au courant de ça. J'ai déjà dépensé 100 000 $ pour ce projet et j'aurais aussi eu à payer la consultation publique. Les élus ne veulent pas en entendre parler parce qu'ils sont en élections. Ils ne veulent pas perdre la face. "
Le promoteur Côté indique qu'il "retravaillera" son projet, mais souligne qu'il n'est aucunement séduit par la proposition des élus à l'effet de construire plutôt un immeuble d'un maximum de neuf étages sur son terrain.
"Si je construis quelque chose d'ordinaire comme la plupart des bâtisses à Sherbrooke, je ne pourrai pas combler mes 300 logements", explique-t-il. "À Sherbrooke, on ne construit rien de plus haut que dix étages depuis 40 ans, déplore-t-il par ailleurs. On dirait qu'on est accoté au plafond à dix étages..."












