Des idées évoquées récemment par ces deux candidats à la mairie démontrent une «méconnaissance profonde de l'appareil municipal», évalue leur adversaire Bernard Sévigny, chef du Renouveau sherbrookois et conseiller municipal depuis 2002.
À François Godbout, qui le mettait la veille au défi de lui prouver la nécessité d'un protecteur du citoyen (ou ombudsman) à Sherbrooke, le candidat Sévigny a répondu vendredi que Montréal, Québec, Gatineau et Saguenay ont ainsi réussi depuis quelques années à régler des problèmes qui, autrement, ne l'auraient pas été.
«Un protecteur du citoyen est là pour écouter les citoyens qui se sentent lésés par la municipalité et qui ont épuisé tous les recours, explique M. Sévigny. Il a le pouvoir d'enquêter auprès des fonctionnaires et de conseiller la Ville pour qu'elle modifie des processus administratifs, ce que ne peut faire un élu. Ce n'est pas le rôle d'un élu de modifier des processus administratifs et ce serait l'anarchie s'il pouvait le faire. Sherbrooke, ce n'est pas un village! «
Dans 15 à 20 pour cent des cas, le protecteur du citoyen donne raison au plaignant, évoque M. Sévigny. À Gatineau, 129 plaintes ont ainsi été étudiées l'an dernier. Le coût de cette «oreille attentive» et apolitique est d'environ 50 000 à 70 000 $ par année, selon lui.
En point de presse, vendredi matin, Bernard Sévigny a aussi lancé une flèche à son adversaire Hélène Gravel, qui propose d'accorder tous les contrats de la Ville par appels d'offres, incluant ceux inférieurs à 25 000 $ qui sont présentement octroyés de gré à gré, tel que permis par la loi.
À son avis, «penser à procéder par appel d'offres pour acheter des crayons ou une imprimante n'est pas réaliste». «C'est comme tuer une mouche avec une masse. Ce serait une démarche extrêmement lourde», illustre-t-il, flanqué de ses candidats André Proulx et Carroll Lauzon. Pour chaque appel d'offres, un comité de fonctionnaires doit d'abord déterminer des critères pour formuler le devis. Le même comité étudie ensuite les soumissions reçues.
L'octroi de contrats de gré à gré, sans appel d'offres, «fait l'objet de scepticisme dans la population depuis plusieurs années», estime M. Sévigny, en faisant notamment allusion, sans la nommer, à l'entreprise Praxis qui reçoit plusieurs contrats de communication du cabinet de la mairie.
Pour qu'un plus grand nombre de commerçants aient accès aux contrats de la Ville sans trop alourdir les processus administratifs, Bernard Sévigny propose de créer une banque de fournisseurs accrédités, qui pourraient ensuite soumissionner sur divers contrats ou mandats de la Ville. Dans d'autres cas, quand les prix des fournisseurs sont comparables, une rotation pourrait être introduite entre les fournisseurs «afin que chaque entreprise obtienne sa juste part des contrats municipaux et ce, sans interférence ni influence politique».
david.bombardier@latribune.qc.ca












