L'enseignement en équipe, une autre façon de voir sa classe

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Enseigner en équipe: c'est ce que font Nathalie... (Imacom, Frédéric Côté)

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Enseigner en équipe: c'est ce que font Nathalie Nault et Sylvie Bolduc à l'école Boisjoli. Les deux enseignantes comptent 59 élèves dans leur classe. L'école compte une autre classe de team teaching, soit celle de Francine Tanguay et Mélanie Boulanger, en troisième année.

Imacom, Frédéric Côté

Isabelle Pion

Isabelle Pion
La Tribune

(SHERBROOKE) Cinquante-neuf élèves. Autant de paires de yeux qui vous regardent, un paquet de mains qui se lèvent pour poser une question. Non, cette classe de cinquième de l'école Boisjoli ne déborde pas. Il ne s'agit pas de l'histoire d'une classe surpeuplée, mais plutôt celle d'une collaboration entre deux enseignantes, qui travaillent avec deux groupes réunis.

Cette façon de faire, les enseignants l'appellent le team teaching. L'école Boisjoli compte deux classes du genre: Nathalie Nault et Sylvie Bolduc enseignent aux 59 élèves de cinquième année, tandis que Francine Tanguay et Mélanie Boulanger se retrouvent avec 39 élèves de troisième année.

 

Ayant commencé sa carrière il y a environ 35 ans, Francine Tanguay souligne que l'école primaire du secteur Rock Forest a été construite en fonction de ce modèle d'enseignement. Les classes, qui, pendant un temps, ont réuni trois groupes (104 élèves!) et trois enseignantes, étaient munies de murs en accordéon, se souvient-elle.

L'école Boisjoli s'avère la seule école de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke à compter ce genre de classes.

Dans le groupe de Mélanie Boulanger et de Francine Tanguay, les enfants sont rassemblés dans une aire commune, généralement pour les matières secondaires. Pour les matières de base, les élèves suivent l'une des enseignantes dans un petit local.

Mme Tanguay indique que cette façon de faire permet d'avoir «deux regards, deux façons d'intervenir».

Nathalie Nault aime tellement l'enseignement en équipe qu'elle a tenu à ce que ses propres enfants l'expérimentent. Aujourd'hui, fait-elle valoir, la profession demande un peu de se transformer en comédien, question de pouvoir garder l'intérêt des enfants!

«Cette façon-là d'être deux adultes, ça fait de la vie. Les enfants ont l'impression que ça roule plus vite: une petite heure avec moi, une petite heure avec Mélanie. On est deux à animer», abonde dans le même sens Mme Tanguay. Autre avantage: la relation entre le maître et l'élève étant très importante, les enfants vont sûrement y trouver leur compte. «L'enfant va avoir une préférence, et ça on l'accepte (...)» souligne Mme Nault en précisant que c'est la même chose pour les parents.

Et puis, aux yeux des deux enseignantes de cinquième, travailler en équipe aide à cibler les jeunes qui ont de la difficulté. À deux, il est plus facile de leur venir en aide, par exemple en organisant des cliniques.

Ce quotidien à deux tisse également des liens très serrés: le duo n'a parfois plus besoin de se parler pour se comprendre. Aux yeux de Sylvie Bolduc, elle et sa collègue devenue une grande amie sont «deux intelligences miroirs»: elle se décrit elle-même comme une émotive, tandis que sa collègue a davantage le côté «logique-mathématique». Résultat: les deux femmes ne perçoivent pas nécessairement les mêmes choses chez les enfants.

Selon les principales intéressées, il est plus facile d'intervenir et de faire de la discipline quand une collègue peut poursuivre le cours avec les autres enfants. Mélanie Boulanger raconte qu'elle se sentait moins fatiguée à la fin de la dernière année scolaire: le fait d'être deux permet d'avoir un moins grand poids sur les épaules.

Et les inconvénients, eux? La correction, répond Nathalie Nault. Cette collaboration exige une chimie entre les deux enseignantes, note Mélanie Boulanger. Dans le cas contraire, l'année pourrait être longue!

 

 

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