Le temps de recycler les habitudes

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Steven Guilbeault      ... (Archives La Presse)

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Steven Guilbeault

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David Bombardier

David Bombardier
La Tribune

(Sherbrooke) En 2000, on devait trier manuellement nos matières recyclables avant de les déposer dans un minuscule bac de 64 litres. Le compostage était l'apanage d'une minorité de citoyens, qui déversaient leurs matières putrescibles dans un contenant peu ragoûtant situé derrière la remise. Et seulement une poignée de granoles arrivaient au supermarché avec leurs sacs en tissu sous le bras.

 

Dix ans plus tard, le bac de recyclage de 64 litres est toujours utilisé, mais comme transit pour les matières qui seront déposées pêle-mêle dans un bac roulant six fois plus volumineux.

Trier les restes de table après le souper pour les détourner de la poubelle est devenu un réflexe.

Et l'utilisation de sacs de plastique pour emballer l'épicerie est désormais regardée de travers par une majorité de clients, devenus fidèles apôtres des sacs réutilisables.

La dernière décennie a été marquée par une prise de conscience environnementale sans précédent, estime Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre et grand manitou des écologistes québécois.

«L'environnement est devenu un sujet d'actualité de plus en plus ancré dans la vie de tous les jours d'un nombre de gens de plus en plus important à travers la planète», affirme-t-il en entrevue téléphonique.

Pas un jour ne passe sans que ce sujet ne soit traité par les médias. Les télés, radios, médias écrits et sites web y ont consacré 1700 % plus d'espace en 2007 qu'en 2003, révèle une étude d'Influence Communications.

«Depuis 2000, on a fait des pas de géant en ce qui a trait à la prise de conscience, que ce soit lorsqu'on parle de qualité de l'eau, de biodiversité, de réchauffement climatique ou de qualité de l'air», se réjouit Steven Guilbeault.

«Mais pour ce qui est de l'action, on en est encore aux premiers balbutiements», nuance-t-il.

Vrai que les Québécois ont recyclé, en 2008, plus de matières qu'ils en ont enfouies, une première dans l'histoire. Vrai aussi que la province est le seul État en Amérique du Nord qui pourrait atteindre les objectifs de Kyoto en 2012, indique l'écologiste.

Mais il reste encore beaucoup à faire.

Les gouvernements peuvent évidemment bonifier leurs actions - le récent échec de Copenhague en témoigne. Tant pour les entreprises que pour les citoyens, il y a aussi amplement place à l'amélioration.

Un exemple parmi tant d'autres? Même si la collecte sélective a permis de doubler la quantité de matières récupérées depuis dix ans, la quantité de déchets envoyés au dépotoir n'a pas diminué pour autant. Elle a même augmenté de 12 % pendant la même période. On récupère plus, mais on consomme encore plus.

Voilà pourquoi la nouvelle politique de gestion des matières résiduelles du gouvernement du Québec mise sur la réduction à la source. L'objectif: faire passer de 810 à 700 kg la quantité de déchets générés annuellement par chaque Québécois d'ici 2015.

 

[La vidange automnale des piscines]

La vidange automnale des piscines dans les égouts constitue une immense aberration qu'on tolère sans se poser de questions, déplore le président du RAPPEL, Denis Bachand. «Les piscines devraient être fabriquées pour être mieux adaptées à notre climat», avance-t-il. Chez Club Piscine, un préposé explique que la vidange automnale est essentielle, sans quoi l'eau prendra de l'expansion en gelant et fera littéralement ouvrir la piscine. La vidange d'une seule piscine standard de 6,3 mètres (21 pieds) de diamètre représente quelque 13 000 litres d'eau, soit la quantité utilisée par un zélé de la propreté qui arroserait son asphalte en continu pendant 5 à 7 heures. C'est beaucoup d'eau dans le caniveau... mais une famille pourrait en économiser six fois plus en une année si elle installait simplement un pommeau de douche efficace! Un truc: en retardant la vidange de sa piscine à la fin octobre, on peut abaisser le niveau d'eau à 30 centimètres (12 pouces) sous l'écumoire. Il faut calculer 45 centimètres (18 pouces) lorsqu'on procède à la mi-septembre.

De 1997 à 2010, le nombre d'étudiants inscrit au Centre universitaire de formation en environnement de l'Université de Sherbrooke a triplé. Le CUFE accueille présentement plus de 600 étudiantes et étudiants dans ses programmes de 2e cycle.

Le début du millénaire a vu naître à l'Université de Sherbrooke le Centre SÈVE, un centre de recherche regroupant plus d'une cinquantaine de scientifiques d'un peu partout. Vitrine de l'expertise québécoise en matière d'agroenvironnement, SÈVE vise à améliorer la production agricole dans un contexte de réduction des gaz à effet de serre et des pesticides. Les travaux ont déjà permis le développement d'un nouveau biopesticide à base d'ail, le GarliPro, pour lutter contre l'oïdium (blanc), une des maladies fongiques les plus répandues chez les plantes maraîchères et ornementales. D'autres travaux en cours visent à obtenir de nouveaux cultivars de pommes de terre résistants à des maladies responsables de pertes économiques importantes.

 

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