Haïti: «Rien ne prépare un être humain à vivre ça»

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Le sergent Stéphane Caputo travaille sans relâche. ... (La Presse Canadienne)

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Le sergent Stéphane Caputo travaille sans relâche.

La Presse Canadienne

Marie-Christine Bouchard

Marie-Christine Bouchard
La Tribune

(Sherbrooke) «Rien, absolument rien ne peut préparer un être humain à vivre ça et encore moins à voir les horreurs qui s'ensuivent et la souffrance indescriptible que ressent ce peuple. J'en ai vu des morts et des drames humains dans ma carrière de 18 ans à la Sûreté du Québec, mais je n'avais jamais rien vu de cette envergure.»

Lorsque la terre a tremblé sur la petite île des Caraïbes, le policier sherbrookois Stéphane Caputo se trouvait déjà en Haïti dans le cadre d'une mission de l'Organisation des Nations unies. Résidant à Port-au-Prince depuis le mois d'octobre, il était affecté à la Brigade de protection des mineurs. Son travail consistait alors à faire du «monitoring» et du mentorat auprès des policiers-enquêteurs haïtiens.

Évidemment, sa mission a pris un tout autre visage à partir du moment où le sol a grondé.

«Quand le tremblement de terre a frappé, je roulais doucement avec des collègues et notre camion s'est mis à se balloter de gauche à droite. On a vite compris ce qui se passait quand on a vu tous les murs qui bougeaient autour de nous et l'asphalte qui levait. Le bruit aussi, c'était horrible. Tous les piétons sont tombés comme des dominos. Le coeur voulait me sortir de la poitrine», raconte-t-il d'un seul trait.

Sur le coup, impossible de mesurer l'impact qu'aurait la secousse sismique sur le pays.

«Plus on avançait vers notre maison et plus on voyait des maisons et des commerces écroulés, du monde qui criait partout, un nuage de poussière sur toute la ville, et on voyait plein de gens blessés, morts, des cris horribles, des gens coincés dans les décombres. Pas besoin de vous dire que c'était le chaos total», explique Stéphane Caputo dans un long échange de courriels avec La Tribune.

Très vite, le policier a cherché à joindre sa famille, à Sherbrooke, pour les rassurer sur son sort.

«J'ai réussi à joindre ma conjointe le mardi en fin de soirée. Elle pleurait au téléphone. L'attente a dû être infernale pour elle et nos enfants de 9 et 15 ans. Ce furent des moments très intenses et qui devraient faire de nous de meilleures personnes», croit celui qui, en temps normal, est affecté à l'escouade motard de la SQ à Sherbrooke.

Une fois ses proches rassurés, le policier s'est remis au travail sans perdre une minute.

«J'ai passé la soirée et la nuit à m'occuper des blessés qui arrivaient sur notre base où deux hôpitaux de fortune avaient été créés. Nous, par chance, notre maison était encore debout.»

Plus de détails dans La Tribune de samedi.

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