Jennifer Allaire et Pascal Martel quitteront Sherbrooke dans une semaine très exactement afin de se rendre à Hyderâbâd, en Inde, où une équipe de spécialistes et une mère porteuse les attendent dans une clinique de fertilité. Une fois sur place, on procédera à la fécondation in vitro alors que des embryons seront créés à partir de prélèvements d'ovules et de sperme effectués sur le jeune couple. Ils pourront ensuite être implantés dans l'utérus de la mère porteuse.
«On vise la création de 10 à 15 embryons, confie Jennifer. Deux semaines après que la mère porteuse aura été fertilisée, un test de grossesse sera effectué. Si ça n'a pas marché, d'autres embryons seront disponibles au congélateur. Parfois, il faut plusieurs essais. Regardez Céline Dion, elle en est rendue à son cinquième essai.»
Jennifer Allaire et Pascal Martel n'ont que 30 ans, mais ils sont amoureux depuis la toute première fois où ils se sont rencontrés, à l'adolescence. Ils planifient leur vie ensemble depuis ce jour.
«À 15 ans, on économisait déjà pour la maison de nos rêves. On planifiait se marier et avoir trois enfants, peut-être quatre», expliquent-ils.
Mariés en 2006, ils habitent un joli et vaste cottage comptant quatre chambres, acheté grâce à leurs économies. «On ne fume pas, un ne boit pas et on ne sort pas. On ramassait nos sous dans le but d'avoir un bon comptant pour cette maison», confient-ils.
Quand Jennifer a pu obtenir le poste d'inhalothérapeute dont elle rêvait à l'hôpital, le couple a su que le moment était enfin propice à la venue d'enfants dans leur vie.
Cancer
Malheureusement, dans les mois suivant la naissance de Charles, au moment où l'on envisageait déjà lui donner un frère ou une soeur, le gynécologue traitant Jennifer lui apprend qu'on a découvert une masse cancéreuse au col de son utérus.
«Nous sommes tombés de haut, avoue Jennifer. Mais on a fait retarder l'opération dans l'espoir de trouver une autre solution que l'hystérectomie radicale. Je voulais sauver mon utérus parce que ce n'était pas une option pour nous que de ne plus avoir d'enfant. Tous nos rêves sont accrochés à cela.»
La jeune femme a même contacté la clinique médiale de Shanghaï, en Chine, où Julie Joyal de Coaticook s'est rendue l'été dernier faire brûler avec succès la masse cancéreuse et les métastases au foie qui menaçaient sa vie.
«J'ai envoyé mes rapports médicaux en Chine, mais les spécialistes de là-bas privilégiaient également l'hystérectomie.»
L'opération a finalement eu lieu le 15 juillet dernier à Sherbrooke. Toute trace de cancer a disparu, sans nécessiter de chimiothérapie ou de radiothérapie.
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