De retour de mission en Haiti lundi à 18 h 20, le Dr Vincent Échavé a lancé un appel de détresse, à sa descente d'avion à Dorval. Il était en compagnie des huit autres membres de la délégation médicale sherbrookoise qu'il pilotait pour venir en aide aux sinistrés du séisme du 12 janvier.
Partie du Québec le 18 janvier, la délégation de l'UdeS se trouvait à l'hôpital Albert-Schweitzer de Deschapelles, à une soixantaine de kilomètres de Port-au-Prince où le séisme a frappé. L'endroit a été relativement épargné, mais de nombreux sinistrés s'y sont rendus pour se faire soigner.
«En 16 jours à l'hôpital, moins la seule journée de congé que nous avons prise, nous avons traité plus de 120 patients chirurgicalement, et au moins autant d'autres ont été soignés d'autres façons» par l'équipe sherbrookoise de sept médecins et deux infirmières, observe le Dr Michel Clairoux, anesthésiste et professeur d'enseignement clinique à la faculté de médecine.
"Grâce au travail des orthopédistes, on n'a pas amputé un seul patient", relève le Dr Échavé, en faisant remarquer qu'un tel état est "une catastrophe énorme" dans un pays comme Haiti. "Nous avons fait plusieurs fixations externes avec plaques et vis", ajoute le chirurgien orthopédique François Cabana. "On a opéré non stop de 9 heures le matin jusqu'à 2 heures la nuit. Quand on est repartis, la plupart des blessés avaient été traités."
"Pour nous, ce seront toujours des moments très forts. Ce sera avant Haïti et après Haïti", souligne le Dr Échavé.
"Haïti est un pays de misère, de détresse, de chômage, depuis des années. Il faut absolument faire quelque chose de réel de définitif pour les aider (...) Comme pays francophone, le Québec et le Canada ont l'obligation de s'impliquer de façon efficace en Haïti."
"Chaque être humain a droit à un toit, à l'eau potable, à l'alimentation, à l'hôpital, à des écoles. Ce sont des droits fondamentaux (...)Le peuple haïtien manque de choses qui sont de base", fait-il valoir.
Professeur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke (UdeS) et chirurgien général et thoracique au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, le Dr Échavé est membre de l'organisation Médecins sans frontières depuis 20 ans, et il s'était déjà rendu à Haïti il y a quelques années.
Le coût de la mission sherbrookoise revenue hier s'élève à environ 15 000 $, note le doyen de la faculté de médecine, le Dr Réjean Hébert. Il s'agit des frais de déplacement en avion vers la République dominicaine voisine, et des nuitées à l'hôtel. Les deux infirmières du groupe y allaient sans solde. Quant aux autres, précise M. Hébert, "on va s'assurer qu'ils ne soient pas pénalisés".
Des laboratoires pharmaceutiques et le CHUS ont aussi fait don d'un peu de matériel soignant, comme de la morphine, des antibiotiques, du sérum et divers analgésiques.
"Nous avons pu organiser cette mission sans soutien gouvernemental", se réjouissait hier le Dr Hébert. Il en prépare une autre, mais cette fois il aura besoin de l'autorisation d'Ottawa puis de Québec.














