L'intervenante à Iris-Estrie et responsable du projet Cat-Woman Émilie Trottier et sa stagiaire Mélissa Carroll déplorent que l'on parle toujours des travailleuses du sexe comme des victimes.
«On voit toujours la travailleuse du sexe comme une victime plutôt que ce qu'elle est, soit une femme à part entière. Une personne qui peut aussi être une mère, une fille, une soeur, une amie, une amante ou une conjointe. Son métier fait en sorte qu'on voit sans cesse le côté négatif. Ce sont des femmes comme les autres», indique Émilie Trottier.
Selon elle, il faut cesser de toujours associer les travailleuses du sexe au milieu criminalisé.
«Quelque 70 pour cent des femmes rencontrées en Estrie sur 260 n'ont pas de pimp (NDLR: proxénète). Il faut arrêter de penser que ce sont toutes des droguées. Certaines font ce métier par choix. On criminalise des activités reliées à la prostitution, mais le gouvernement est là pour prélever leurs impôts», explique l'intervenante du projet CatWomen, qui encourage la prise en charge de leur santé par les travailleuses du sexe.
Émilie Trottier déplore qu'on fasse porter le chapeau de l'hypersexualisation à ces femmes qui sont danseuses érotiques ou escortes.
«Ce sont des femmes qui ont les mêmes droits que les autres. Elles peuvent être victimes d'agressions comme toutes les autres femmes. Cependant, on ne les prend pas au sérieux étant donné leur métier. Ces situations peuvent avoir un impact direct sur leur estime d'elles-mêmes, sur leur santé. Ces femmes ont droit au respect et ne sont pas inférieures aux autres parce qu'elles pratiquent un métier du sexe», explique Émilie Trottier.
Le projet CatWoman vise l'accompagnement de ces femmes et la prise en charge de leur santé.
«Nous les prenons comme elles sont, peu importe leurs choix. Plusieurs sont surprises du temps que nous prenons pour leur parler. Nous travaillons avec elles pour prévenir les ITSS (Infections transmissibles sexuellement ou par le sang)», mentionne Émilie Trottier, intervenante à Iris-Estrie.











