À moins d'un revirement, la Ville ne pourra donc pas aménager un bassin de rétention dans ce secteur, ce qui devait permettre d'éviter une répétition des importantes inondations du 2 juillet 2002.
Les services municipaux étudient la possibilité d'en appeler de la décision de la CPTAQ devant le Tribunal administratif du Québec.
La conduite de drainage existante sur la rue des PME a une capacité insuffisante pour permettre le développement de la zone industrielle située au sud de cette rue. La Ville comptait donc canaliser les eaux de surface vers un nouveau bassin de rétention d'une capacité de 40 000 mètres cubes.
Pour des considérations techniques et topographiques, ce bassin ne pouvait être construit que sur des terres agricoles situées au sud de la rue Tobin, prétendait la Ville dans sa demande acheminée à la CPTAQ il y a un an.
Faux, répond la CPTAQ dans sa décision rendue le 18 juin dernier: «Rien n'indique qu'une combinaison associant un bassin hors de la zone agricole, un reprofilage de fossés et une augmentation de la capacité d'une partie du réseau ne pourrait palier le problème. Bref, la Commission estime que les options suggérées en zone agricole ne sont pas appuyées d'une étude d'impact suffisante pouvant conclure qu'il s'agirait d'un site de moindre impact.»
Le directeur du service de la planification et du développement urbain de la Ville, Sylvain Boulianne, se dit déçu de cette décision «qui touche la sécurité» de la population.
Le bassin de rétention projeté par la Ville aurait occupé à peu près le tiers des terres agricoles visées par la demande d'exclusion. L'aménagement de cet immense bassin aurait limité les possibilités d'utilisation agricole du reste du terrain. La Ville souhaitait donc diviser cette partie résiduelle en 250 lots résidentiels de 5000 pieds carrés, ce qui aurait nécessité l'agrandissement du périmètre urbain à cet endroit.
La CPTAQ a également refusé cette partie de la demande. L'UPA-Richmond et les propriétaires des terres agricoles en question étaient opposés à ce que la Ville empiète dans la zone agricole permanente pour aménager son bassin et développer des résidences.
Cette possibilité aurait permis à l'arrondissement de poursuivre son développement urbain à proximité des zones déjà urbanisées. À Brompton, les seuls terrains disponibles pour du développement résidentiel sont situés de l'autre côté de la rivière Saint-François, loin des écoles et des commerces.
Cette limitation des terrains disponibles a grandement freiné l'expansion résidentielle de l'arrondissement au cours des 15 dernières années.
Si la Ville ne porte pas la décision en appel, une nouvelle demande portant uniquement sur le bassin de rétention pourrait être déposée à la CPTAQ. Cette demande n'en serait pas une d'exclusion, mais plutôt d'autorisation d'activité non agricole en zone agricole.
La demande portant sur l'aménagement de terrains résidentiels serait traitée dans un deuxième temps, lors de la révision du schéma d'aménagement.










