Pas de rancoeur chez les enfants de Réjeanne Pelletier-Charette

Marielle, Florian et Lucie Charette... (Imacom, Maxime Picard)

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Marielle, Florian et Lucie Charette

Imacom, Maxime Picard

 

Sonia Bolduc
La Tribune

(Sherbrooke) La confiance et l'amour. Ce qui caractérisait Réjeanne Pelletier-Charette de son vivant s'est transposé tout naturellement chez ses enfants.

Avant de tenir samedi à Longueuil la cérémonie à la mémoire de leur mère de 82 ans, la famille a accueilli hier les amis, proches et voisins de Sherbrooke qui l'auront côtoyée au cours des dernières décennies passées aux abords de la rivière Magog, à Rock Forest.

C'est de sa maison de la rue Rodrigue que madame Pelletier-Charette a été portée disparue le 13 août avant que son corps ne soit retrouvé quatre jours plus tard, dans un champ du chemin Blanchette. L'octogénaire avait été assassinée à l'arme blanche, le jour même de sa disparition, selon toute vraisemblance.

«Ma mère ne voulait pas venir habiter en ville parce qu'elle trouvait ça moins sécuritaire, raconte sur un ton posé son fils Florian. Ici, dans sa nature, elle se sentait en sécurité. Tout est relatif. À cause des événements, chacun de nous est plus craintif. Mais nous sommes confiants que ça va diminuer avec le temps et que nous allons retrouver nos vies.»

«Notre mère nous a élevés dans l'amour, ce qui a fait de nous des parents aimants, poursuit sa soeur Marielle. La violence ne fait pas partie de nous, ne fait pas partie de nos vies. Pour nous, ce qui est arrivé est un cas isolé. Ça ne remet pas en question notre confiance en l'humanité. On préfère penser que les souffrances qu'elle a pu subir ont disparu et qu'elle est bien maintenant.»

Pas question non plus pour les proches de Réjeanne Pelletier-Charette d'entretenir de la rancoeur ou de s'immiscer dans le processus judiciaire en cours. L'adolescent de 16 ans accusé dans cette affaire est toujours sous évaluation psychiatrique.

«On fait confiance à la justice», assure Florian Charette.

«Si on tourne ça sans fin dans notre tête, on va seulement se faire du tort, enchaîne Marielle. Il n'y a rien de bon à ressasser ce qui aurait pu arriver ou pas. Nous, on doit aller de l'avant avec les beaux souvenirs, c'est ce qu'on veut garder en mémoire, pas la fin tragique.»

«C'était une personne d'exception, murmure Solange. On pourrait prendre tous les mots pour la décrire, elle s'oubliait toujours pour les autres, faisant passer tout le monde en premier. Et ç'a toujours été comme ça. Elle avait tant d'amour dans son coeur, ça la poussait vers les autres.»

Sur les photos qui défilaient vendredi en montage dans un coin de la Maison funéraire des Cantons, dans l'arrondissement Rock Forest, Réjeanne Pelletier-Charette n'apparaissait d'ailleurs jamais seule. Tantôt avec ses soeurs, tantôt avec ses enfants, souvent avec ses petits-enfants et ses arrières-petits-enfants, dans une fête de famille ou aux abords de sa rivière, elle est entourée, souriante et fière, dégageant amour et confiance.

La cérémonie et l'inhumation auront lieu samedi, à Longueuil, puis à Saint-Hubert, où madame Charette a vu grandir sa famille.


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