L'envers de la médaille de l'immigration en France

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Loïc Soumagne et sa conjointe   ... (Collaboration spéciale)

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Loïc Soumagne et sa conjointe

Collaboration spéciale

 

Geneviève Proulx

(SHERBROOKE) Chaque semaine, La Nouvelle vous présente des Sherbrookois qui ont immigré ailleurs sur la planète. Des gens complètement fous de leur nouvelle contrée. Dingues de l'architecture, de la mentalité, de la culture de leur nouvelle patrie. Depuis deux calendriers, ils sont 90 à avoir voulu raconter leur histoire. À tenter de nous convaincre que l'herbe était beaucoup plus verte ailleurs qu'au Québec. Et si ce n'était pas réellement le cas? Si c'était ici, dans la Belle Province, que poussait la plus verdoyante des pelouses? En tout cas, c'est ce que jure dur comme fer Loïc Soumagne, un Français d'adoption.

Le Sherbrookois de 29 ans a quitté la reine des Cantons-de-l'Est tout juste avant de souffler dix bougies sur son gâteau d'anniversaire.«Mon père, qui est né à Lyon et qui enseignait à l'Université de Sherbrooke à l'époque, a eu un poste dans une université en France. Nous sommes donc partis nous établir à Metz, une ville de la Lorraine dans le nord-est de la France.»

Berceau de la dynastie carolingienne et de Pépin le Bref, Metz est remplie d'histoire de par ses 3000 ans d'existence.

«C'est une ville historique. On y retrouve beaucoup de monuments, d'architecture qui rappellent de nombreux événements qui s'y sont déroulés, raconte-t-il. Par exemple, il y a beaucoup de bâtiments qui sont en lien avec la Deuxième Guerre mondiale.»

D'ailleurs, Metz est à quelques minutes de la Belgique, du Luxembourg, de l'Allemagne, de la Suisse. «En un week-end, tu peux visiter quatre pays et en apprendre sur quatre histoires. Nous sommes très bien placés pour ça.»

Ce qui aurait pu être une belle aventure familiale s'est plutôt soldée par un goût amer de l'étranger. L'attachement profond de Loïc Soumagne pour le Québec était plus fort que tout. «Mais Loïc, tu es au pays de la bonne bouffe, du bon vin. Tes papilles gustatives doivent s'amuser ferme, non?»

«Effectivement, la gastronomie est là. Mais pour moi, rien n'est meilleur qu'une poutine avec une Molson et un beigne pour dessert. Rien ne bat ça. C'est cliché, mais tellement véridique», table-t-il.

Puis, celui qui bosse comme représentant dans un grand centre de réparation automobile n'en a pas que pour la culture culinaire du Québec. Les gens lui manquent énormément.

«La mentalité française est quelque chose. Les Français sont agressifs et stressés. Ça se klaxonne dans tous les sens. Dans le métro, si tu accroches quelqu'un par accident, tu te fais pousser et tomber dessus. Si tu es perdu, personne ne veut t'aider. C'est désolant. Il n'y a rien qui se compare avec la gentillesse des Québécois. Rien qui n'arrive à leur hauteur. Ils m'éblouissent», constate-t-il.

Il ne serait pas étonnant que le Sherbrookois dépose ses boîtes entre la Saint-François et la Magog. «Je tente de convaincre ma copine de faire le pas, mais en attendant, je veux tout simplement faire mon voyage par année au Québec.»

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