Puis à son entrée au Nid d'oiseau, alors qu'elle occupait la tête, dans le virage serré qui attend les athlètes à la sortie du long tunnel, tout juste avant le tour de piste qui conclut l'épreuve, l'athlète de Hatley frôle les cônes, entre en contact avec une compétitrice et chute avec son fauteuil roulant.
De 1ère à 8e
«J'étais en place pour gagner et je me disais: 'Vas-y! Va chercher l'or de lundi'«, raconte Diane Roy quelques minutes après le marathon où elle a finalement terminé 8e avec un temps de 1:40;37.
Roy a en effet demandé à ce qu'on la remette sur ses roues, puis est repartie à la poursuite de ses concurrentes, même en sachant le podium désormais hors de portée.
«J'ai fait une niaiserie qui m'a coûté le podium, et probablement un podium sur la plus haute marche, confie encore l'athlète estrienne, qui reviendra au bercail vendredi soir avec trois médailles dans ses bagages, soit une d'argent au 5000m, et deux de bronze au 400m et au 800m.
«C'est plate parce que ça aurait vraiment pu être cinq en cinq, ça allait tellement bien, fait-elle valoir. Sans être facile, je sentais que ça allait tout seul. Je voulais bien faire au 1500m pour ensuite aller m'amuser au marathon. Ce que j'ai fait d'ailleurs car c'était un parcours facile et je n'étais pas fatiguée du tout. Mais j'ai été malchanceuse dans mes deux dernières courses.»
Au 1500m disputé mardi soir à Pékin (hier matin au Québec), Diane Roy menait la course lorsqu'elle a décidé de pousser la note pour les derniers 450m.
«J'ai vu l'Américaine derrière moi et Chantal (Petitclerc) trois places plus loin, raconte-t-elle. Je suis partie et j'étais vraiment bien placée. Mais quand je suis arrivée dans la courbe, mes mains ont glissé une première fois, puis une deuxième et une troisième encore. C'était fini, j'avais perdu ma vitesse. J'avais peut-être mis trop de colle, j'aurais peut-être dû changer mes pneus avant le départ, je ne sais pas. C'est une erreur technique. J'ai terminé sur deux erreurs techniques de ma part et ça finit vraiment mal.»
En fait, Diane Roy le concède, ces Jeux en auront été de rebondissements dans son cas. «Ça aura été une expérience exceptionnelle, je pense que personne n'aura vécu autant d'émotions différentes pendant ces Jeux, lance-t-elle, mi-figue, mi-raisin. J'ai été malchanceuse dans ma chance et chanceuse dans mes malchances. Je pense que je me suis remise à 99,09% de l'histoire du 5000m. Et le 0,01% a joué sur ma concentration et m'a donné l'argent plutôt que l'or à la reprise.»
Roy avait amorcé sa série de cinq épreuves en athlétisme à Pékin en remportant l'or au 5000m, résultat de course que le jury d'appel a annulé quelques minutes après la remise de médailles, prétextant la présence d'officiels sur le parcours peu après une collision ayant décimé de moitié le nombre de participantes.
Après avoir crié à l'injustice, elle a repris le départ quatre jours plus tard malgré un horaire déjà chargé et remporté la médaille d'argent.
«J'aurais pu prendre toute cette histoire plus mal, mais je crois que je suis restée forte, souligne Diane Roy. Ç'a joué sur les émotions et créé une pression supplémentaire, mais dans ma tête, j'étais forte. Ç'a été des Jeux d'émotions, de très beaux Jeux.»










