«Je ne sais pas si je suis contente de mes Jeux»

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Marie-Christine Bouchard
La Tribune

«Est-ce que je suis contente de mes Jeux? Je ne sais pas quoi répondre à ça. Je suis contente de revenir avec des médailles. Je suis déçue de tout ce qui s'est passé et d'avoir raté la chance de faire cinq podiums en cinq compétitions, de ne pas avoir ramené d'or en plus. Je ne sais pas trop. Quand je ferai d'autres compétitions, probablement que ça va aller mieux.»

C'est ainsi que l'athlète paralympique Diane Roy résume le souvenir qu'elle garde de ses deux semaines à Pékin. Deux semaines pleines de rebondissements, riches en émotions pour elle... et ses proches aussi.

C'est tard vendredi soir que Diane Roy est enfin arrivée à l'aéroport de Montréal. À sa grande surprise, toute sa famille l'y attendait pour la serrer dans ses bras et partager avec elle toute l'émotion qu'ils ont vécue pendant les Jeux paralympiques.

Aucun membre de sa famille n'avait accompagné Diane Roy à Pékin.

«C'est un voyage qui est très cher. En plus, j'aurais habité dans le village olympique et ma famille, dans la ville... Et comme j'avais cinq compétitions, je voulais rester dans ma bulle pour me concentrer. On a hésité, mais mon chum a décidé de ne pas venir. On va plutôt se payer un vrai voyage ensemble, bientôt.»

Malgré la distance et le décalage horaire, l'amoureux n'a absolument pas échappé aux émotions. Que non!

«À cause du décalage, c'est tôt le matin que les gens, ici, avaient les résultats des courses. Mon conjoint est plusieurs fois arrivé en retard au travail à cause de ça. La journée du 5000 mètres, il a fait le tour de tous ses collègues pour leur annoncer que j'avais gagné l'or... et quand je lui ai appris que je venais de perdre mon or, il a dû refaire le tour de tout le monde. Disons qu'il a vécu beaucoup d'émotions!»

Les prochains Jeux?

Bon. Diane Roy, maintenant de retour dans sa maison d'Ayer's Cliff, a trois médailles autour du cou. Une d'argent, deux de bronze. Elle rêvait d'or et de cinq médailles. Est-elle fière d'elle-même malgré tout?

«Ce doit être mon karma qui ne m'a pas lâchée, qui m'a empêchée de mettre la main sur une médaille d'or que je voulais vraiment», soupire l'athlète de 37 ans avant de relater toutes ses mésaventures.

La course qu'elle a dû reprendre lui est particulièrement amère. La chute au marathon aussi, à 450 mètres de l'arrivée...

«Ma soeur a eu un bon mot pour décrire ma médaille d'argent: c'est de l'or blanc! Et ça, c'est unique au monde», rigole-t-elle pour se consoler.

Et comment voit-elle l'avenir, maintenant que Pékin est terminé?

«J'ai une semaine de vacances, puis je reprends l'entraînement. J'ai quelques compétitions qui s'en viennent. Non, je n'ai pas l'intention d'arrêter dans la prochaine année. Il est cependant encore trop tôt pour dire si je serai aux prochains Jeux paralympiques, dans quatre ans. Je vais y aller une année à la fois.»

 

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