La gestion du Centre de haute performance (CHP) reviendra d'office à Jean Laroche, dont l'expertise sur le terrain et l'expérience à titre d'entraîneur de l'équipe nationale de 2003 à 2007 auront sûrement pesé lourd dans la décision d'Athlétisme Canada d'attribuer le volet paralympique à Sherbrooke.
Le projet a fait l'objet au cours de la dernière année d'une analyse confirmant que l'on retrouvait en Estrie la plus haute densité d'athlètes paralympiques de haut niveau, mais aussi le personnel entraîneur le plus qualifié afin d'assurer le succès et le développement des athlètes canadiens en fauteuil roulant.
«On savait que ça s'en venait, mais c'est une bonne nouvelle que ce soit confirmé, a d'abord convenu Jean Laroche. On sent un changement de philosophie avec Athlétisme Canada et la mise en place du programme En Route vers l'Excellence. Il y a un virage qui s'opère avec comme conséquences directes les centres de haute performance où le mandat est clair: rendre l'athlète meilleur.»
Il s'agira de la tâche principale de Jean Laroche auprès des athlètes paralympiques de haut niveau déjà sous sa gouverne et de ceux qui se joindront au groupe sous l'effet d'entraînement. Il gérera aussi les budgets dont il connaîtra la teneur sous peu.
Une partie des sommes sera alors attribuée à l'embauche à plein temps d'un adjoint qui assurera le suivi auprès des athlètes de la relève, à la bonification du salaire de Jean Laroche et à la mise en place de soins thérapeutiques aux athlètes par le biais d'Excellence sportive. Une bonne partie des montants rattachés au CHP seront par ailleurs consacrés aux dépenses des athlètes reliées aux entraînements et aux compétitions.
«Jean est un pilier dans son domaine et cette nouvelle viendra assurer la pérennité du Club d'athlétisme par le biais de nos entraîneurs, se réjouit le président du CAS, Luc Blanchard. Il y aura assurément des retombées positives pour le sport paralympique, mais aussi pour le Club d'athlétisme et pour Sherbrooke qui gagnent en expérience et en crédibilité en route vers l'excellence.»
L'effet d'attraction de l'excellence
Déjà 19 athlètes de haut niveau en fauteuil roulant s'entraînent sous les conseils de Jean Laroche à Sherbrooke, dont huit bénéficient du brevet national, parmi lesquels les paralympiens Diane Roy, Colin Mathieson et Jacques Martin.
«On peut espérer que la création du Centre de haute performance créera un effet d'entraînement et attirera d'autres athlètes en région», croit Jean Laroche.
«Mais pour ce faire, il faudra aussi songer éventuellement à améliorer les infrastructures. Une piste intérieure de 200 mètres, dans un centre sportif déjà exploité au double de ses capacités, c'est tout de même limité. Surtout pour des gens en fauteuils roulants qui ont des spécificités. Nos installations ne sont pas idéales, mais c'est mieux qu'ailleurs. Sauf qu'à moyen terme, la communauté devra trouver des solutions pour garder ce Centre de haute performance.»
La construction du terrain synthétique sur le plateau Sylvie-Daigle et le début des travaux sur l'ancienne piste d'athlétisme de l'UdeS dans le même but privent en effet les athlètes paralympiques de deux de leurs quatre sites d'entraînement sur piste. Ne reste que le stade extérieur et le stade intérieur de l'UdeS, tous deux fort achalandés, ainsi que les routes environnantes, toutes aussi accidentées et dangereuses les unes que les autres.
«Ce qui fait la force de Sherbrooke, par contre, c'est l'ouverture du milieu, note encore Jean Laroche. Autant du côté de l'Université (de Sherbrooke)
que d'Excellence sportive ou du Club d'athlétisme, on a toujours eu droit à la meilleure collaboration. On a accès à deux entraînements par jour, alors qu'à certains endroits ailleurs, c'est beaucoup plus restreint. On a encore un bout de chemin à faire pour que ce soit parfait, mais on est sur la bonne voie et on a la volonté de le faire.»
«À ce point-ci, il n'existe pas d'initiative pour de nouvelles infrastructures, précise de son côté le directeur général d'Excellence sportive Sherbrooke, Jacques Petit. Mais l'attribution à Sherbrooke du Centre de haute performance est un pas important. Ça vient consolider ce qui se fait déjà ici et ça peut avoir un pouvoir d'attraction considérable qui ouvrira des portes.»











