Aller au bout de ses limites bien entouré...

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Aller au bout de ses limites bien entouré...

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Christian Vachon

Archives La Tribune, Andréanne Lemire

 

Jean-Guy Rancourt
La Tribune

(MAGOG) Le Magogois Christian Vachon a eu l'impression d'être en mode survie 24 heures sur 24 lors de sa participation au Marathon des Sables dans le désert du Sahara au Maroc, au terme duquel il a terminé 21e sur plus de 800 participants ayant pris le départ.

Plus que jamais, Vachon sait ce que signifie l'expression aller au bout de ses limites. «J'ai effectué le tour du lac Memphrémagog (117 km) en solitaire et à comparer au Marathon des Sables, c'est de la p'tite bière», assure Vachon.

 

«Ce qui rend la course extrême, c'est la quasi impossibilité de récupérer. Toute la différence est là. D'abord, comme tout ce que tu peux manger est la nourriture que tu traînes dans ton sac à dos et qu'il faut se garder des réserves pour les étapes suivantes, tu restes continuellement sur ton appétit. De plus, dormir sur du gravier dans des tentes qui servent habituellement aux nomades, ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable. Quand on se réveille le lendemain, on est aussi fatigué que la veille et bien honnêtement, on se demande de quelle façon on va s'y prendre pour reprendre la course. Heureusement, la magie opère, le corps se régénère, on se place dans un autre état d'esprit et la machine repart», a commenté Vachon.

Courir au-delà de 210 kilomètres en plein désert en cinq étapes exige des participants des ressources physiques indéniables. «Tes pieds sont toujours instables parce que tu te déplaces continuellement sur du sable, des roches et dans les dunes. Chaque foulée nous fait dépenser deux fois plus d'énergie que courir dans le bois ou sur de l'asphalte. Courir avec notre sac à dos, composer avec les blessures, les pieds enflés et en sang, font aussi partie de notre quotidien et cela ajoute à la difficulté, mais bien honnêtement, je crois qu'on souffre beaucoup plus psychologiquement que physiquement», soutient-il.

«Impossible de sortir vivant du Marathon des Sables si tu es fragile sur le plan psychologique. Personnellement, j'allais chercher une bonne dose de motivation chaque soir lorsque les organisateurs m'apportaient les courriels qui m'étaient destinés. Je me disais alors que même si j'étais dans un coin reculé du monde, il y avait plein de gens qui pensaient à moi et qui couraient avec moi dans le fond. Vous ne pouvez pas imaginer comment cela m'a aidé», souligne Christian Vachon.

91 kilomètres

S'il n'a jamais songé à abandonner, Vachon avoue que l'étape de 91 kilomètres, la plus longue dans l'histoire du Marathon des Sables, l'a passablement ébranlé. «C'est quasiment inhumain de tracer un parcours comme celui-là. Une tempête de sable dans le visage les 20 premiers kilomètres, des dunes qui n'en finissaient plus sur une autre portion de 20 kilomètres, puis, pour terminer, 30 kilomètres dans des montagnes de roches et une vingtaine à la noirceur totale. Mes moments les plus inquiétants du marathon, je les ai connus à mi-chemin de cette étape de 91 kilomètres avec des sérieux problèmes de digestion. Un coureur suédois s'est alors approché de moi et m'a fourni un peu de sa nourriture. On aurait dit que juste le fait de goûter quelque chose de nouveau m'a procuré un nouvel élan. Nous avons alors décidé de continuer ensemble et dans les 20 derniers kilomètres, ce fut à son tour d'être affaibli. J'aurais pu retrancher une quarantaine de minutes à mon chrono en le laissant derrière moi, mais il en était hors de question. Il s'est accroché à mon énergie pour finir l'épreuve. À l'arrivée, nous ne nous sommes pas adressé un seul mot. Nous nous sommes enlacés et cette étreinte voulait tout dire», d'expliquer Vachon.

En voilà un qui profitera d'un repos bien mérité dans les prochaines semaines.

 

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