Michel Dumas était un jeune gardien de but prometteur quand les Blackhawks l'ont invité à leur camp d'entraînement en 1971. Quelques saisons plus tôt, il s'était fait remarquer dans l'uniforme des Canadiens de Thetford Mines, où il avait eu les Marc Tardif, Réjean Houle et Gilbert Perreault comme coéquipiers.
Malheureusement, Michel Dumas fut victime d'un accident qui a mis fin à sa carrière de joueur en 1976.
«Une rondelle a passé au travers d'un trou de la grille de mon masque le 26 décembre 1976 et elle m'a atteint à l'oeil droit. J'ai perdu 90 % de l'usage de mon oeil. C'est malheureux car je commençais à vraiment bien débrouiller dans la Ligue nationale», rappelle-t-il.
Heureusement, la famille Wirtz, propriétaire des Blackhawks encore aujourd'hui, ne l'a pas laissé tomber.
«L'année suivante, je devenais dépisteur pour l'équipe. Trente-huit années ont passé et je suis encore là», clame-t-il fièrement.
Michel Dumas a passé sa vie à voyager aux quatre coins de l'Amérique et un peu partout dans le monde en quête de nouveaux talents pour les Blackhawks. Cette saison, il voit enfin son travail être récompensé par les succès de l'équipe de la Ville des Vents..
«J'estime avoir passé le cinquième de ma vie, peut-être entre 12 et 15 ans, sur la route pour les Blackhawks. Pour vous donner une idée, je couche en moyenne 175 nuits à l'hôtel durant une saison de hockey. Vrai que les Blackhawks m'ont bien traité après ma blessure, mais je considère les avoir très bien traités également», dit-il.
En temps normal, Michel Dumas aurait quitté sa résidence située en bordure du lac Rond, à Saint-Joseph-de-Coleraine, près de Thetford, pour aller assister au troisième match de la série finale de la LHJMQ disputé hier soir entre les Voltigeurs et les Cataractes. Il a cependant fait une entorse à ses habitudes en demeurant à la maison pour regarder à la télévision la troisième rencontre entre les Canucks de Vancouver et ses Blackhawks.
De toute manière, Michel Dumas peut compter sur un bon groupe de dépisteurs chez les Backhawks, une équipe qui peut finalement entrevoir l'avenir avec beaucoup d'optimisme. Il n'est d'ailleurs pas étonné des succès de l'équipe cette saison.
«Je ne suis pas vraiment surpris, dit-il. Quand tu as une chance, comme organisation, de piger parmi les premiers au repêchage, comme Pittsburgh a fait avec Crosby et Malkin, et comme on a fait avec Toews et Kane, tous les joueurs autour d'eux deviennent meilleurs.»
Michel Dumas croit en ses Blackhawks. Il se promet aussi d'aller rejoindre l'équipe prochainement.
«On a un bon club et on joue très bien, analyse-t-il. Quand tu es capable de remonter le pointage dans des matchs sur la route comme on l'a fait trois ou quatre fois dernièrement, c'est signe que tu n'as pas un mauvais club. Ce sera long cette série contre Vancouver, mais cette saison n'importe qui peut battre n'importe qui et tous les clubs peuvent gagner la coupe Stanley. C'est le gardien de but qui fera la différence.»
Nikolai Khabibulin connaît une excellente saison chez les Blackhawks, dont l'entraîneur des gardiens de but est nul autre que le Sherbrookois Stéphane Waite. Et au besoin, les Blackhawks peuvent aussi se tourner du côté de Cristobal Huet.
«On n'a pas un mauvais club...», aime bien répéter le dépisteur-chef, qui sera de retour pour une 39e saison avec les Black- hawks.
«Ce devrait être ma dernière saison à temps plein, annonce-t-il. J'aurai 60 ans cet été et il est temps de commencer à ralentir.»
Ce serait assurément plus facile avec une bague de la coupe Stanley au doigt.










