Un capitaine rassembleur chez le ProGym

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Justin Fortin, Michaël Therrien, Alexandre Trudel, Mathieu Fontaine,... (Imacom, Claude Poulin)

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Justin Fortin, Michaël Therrien, Alexandre Trudel, Mathieu Fontaine, Jonathan Breton, Charles Trudel

Imacom, Claude Poulin

Pierre Turgeon

Pierre Turgeon
La Tribune

(Sherbrooke) La réponse fait l'unanimité: Alexandre Trudel. Pourtant Alexandre Trudel ne s'est jamais présenté au bâton et n'a jamais récupéré une balle sur le terrain quand le ProGym de Sherbrooke a maintenu une fiche de 12-4 en séries éliminatoires pour mériter le championnat de la Ligue de baseball junior AA RSM après s'être contenté d'un dossier de 19-15 en saison régulière.

Pourtant, Alexandre, le frère cadet de Charles Trudel, un joueur du ProGym, a passé les séries sur le banc des joueurs avec son uniforme et un «C» confirmant qu'on avait décidé d'en faire le capitaine de l'équipe.

Sa plus grande réussite aura été de faire changer l'attitude qui régnait au sein de l'équipe. Le ProGym est passé d'une formation détestée par les adversaires, les arbitres et même par les autorités québécoises du baseball, à une formation championne où chacun a su  retenir sa langue... mais surtout où chaque joueur a su oublier sa petite personne au profit de l'équipe.

Alexandre aimait bien suivre l'équipe de son frère et on l'invitait avant et après les matchs à participer au cri de l'équipe sur le terrain. Une fois qu'il était au banc, Alexandre s'est mis à chanter et tout le monde l'a suivi. «Même ceux qui ne jouaient pas étaient contents d'être au banc parce qu'on y avait du plaisir entre chums, rappelle Michaël Therrien. C'est là qu'on a commencé à former un véritable noyau et que tout le monde a embarqué. À partir de là, on a dit à Charles Trudel qu'on aimerait qu'Alexandre soit là plus souvent. Il n'a manqué aucun des 16 matchs en séries.

Même sur semaine, lorsqu'il lui a fallu se coucher à 2 h du matin...

Bien qu'il soit atteint de trisomie 21, Alexandre s'est rapidement imposé et il a joué à merveille le rôle de capitaine qu'on lui a donné. «Il ralliait tout le monde avant les matchs. On avait un rituel, on faisait jouer sa toune préférée, hakuna matata, du film Le Roi Lion. Alexandre dansait sur sa musique pendant que nous, on tapait des mains.»

«En finale, on était un peu stressés, mais en faisant jouer cette pièce, on arrivait à détendre l'atmosphère parce que tout le monde riait», ajoute Justin Fortin, un entraîneur adjoint.

Le ProGym a gagné le championnat des séries éliminatoires en remportant ses quatre séries, dont trois aux dépens d'équipes mieux classées. Pour Alexandre, c'était sa coupe Stanley et tout le monde espérait lui fournir l'occasion de soulever son trophée.

Tous les détails dans La Tribune de samedi.

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