Les agressions sexuelles: mythes et réalités

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Sophie Labrie
La Voix de l'Est

«La rue, la nuit, femme sans peur» a pris naissance en 1978 alors que les femmes américaines manifestaient contre la pornographie dans les rues de San Francisco. En 1981, le RQCALCACS et d'autres associations canadiennes reprennent le troisième vendredi de septembre pour manifester contre toute la violence qui leur est faite, et en 1985 elles élargissent le mandat de la JACVFF afin de mettre l'accent sur la riposte des femmes plutôt que sur la dénonciation seulement.

 

Le CALACS (Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) de Granby a choisi cette année comme action, d'informer la population sur certains mythes et préjugés qui circulent encore de nos jours face aux agressions sexuelles.

Mythe: Certaines personnes, par leurs comportements et leur habillement attirent les agresseurs sexuels.

Réalité: La violence sexuelle est principalement un problème de violence faite aux femmes. Les statistiques au Canada estiment que 1 fille sur 3 (33 %) sera victime d'agression sexuelle avant l'âge de 18 ans et que chez les garçons elle est de 1 garçon sur 6 (17 %).

Mythe: Les filles qui se font agresser sexuellement sont des filles qui ont de la difficulté à dire «non».

Réalité: Le problème dans une agression sexuelle, ce n'est pas que la victime a été incapable de dire non, de se défendre ou de s'affirmer. Le problème, c'est que la personne qui a agressé n'a pas voulu comprendre ce que l'autre exprimait, n'a pas trouvé important de connaître son avis ou d'en tenir compte. La personnalité de quelqu'un ne détermine pas si elle ou il se fera agresser: tout le monde est à risque et le simple fait d'être une femme ou un enfant augmente le risque.

Mythe: Les personnes qui agressent sexuellement ont déjà été agressées dans l'enfance.

Réalité: On ne peut pas dire que le fait d'avoir été agressé dans l'enfance explique ou excuse qu'une personne agresse sexuellement une autre personne. Les victime d'agression sexuelle sont généralement des femmes et pourtant la majorité des agresseurs sont des hommes (98 %). La majorité des agresseurs sexuels n'ont jamais vécu d'agression et la majorité des hommes victimes de violence sexuelle n'agresseront jamais à leur tour. Agresser sexuellement une autre personne est un choix que l'agresseur fait et non une conséquence incontrôlable de son passé.

Plusieurs autres mythes et préjugés entourent les agressions sexuelles ce qui a comme conséquence de décourager les victimes à briser le silence. De plus, rappelez-vous que si une personne proche de vous trouve le courage de dénoncer son agression, qu'elle a besoin d'être crue et supportée et non d'être questionnée et jugée. Le CALACS est un organisme qui vient en aide aux filles et femmes qui veulent briser le silence et ce, sans nécessairement porter plainte à la police. Nous respectons les besoins des femmes ainsi que le rythme qui leurs conviennent. N'hésitez pas à faire appel à nos services qui sont gratuits et confidentiels.

L'auteure est intervenante au CALACS de Granby

 

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