Au-delà de la bataille des Plaines d'Abraham

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La Voix de l'Est

D'abord, d'où vient ce nom? Abraham Martin, dit l'Écossais, homme de métier (maître pilote) d'origine inconnue, arrive à Québec en 1619. On lui concède, en 1635, un domaine de 32 arpents avoisinant l'endroit où s'engagent les dernières grandes batailles entre les troupes anglaises et françaises en Nouvelle-France, d'où le nom Plaines d'Abraham. Il décède à Québec en 1664.

Cette bataille, d'à peine une vingtaine de minutes, qui a scellé le sort de la Nouvelle-France aux mains de l'Angleterre doit se comprendre dans le contexte suivant. Comme le démontre l'histoire mondiale, chaque puissance a son apogée et son déclin.

 

En 1759, la France était sur son déclin alors que l'Angleterre, surtout à cause de sa flotte, était une puissance montante. Il faut dire aussi que du côté français, si l'on revient à cette fameuse bataille, il y a eu des manquements, des erreurs, etc. Grâce à l'appui d'un traître qui aurait indiqué à Wolfe, le général anglais, la présence d'un sentier abrupt (ruisseau desséché) à l'Anse-aux-Foulons, les forces anglaises ont pu l'utiliser dans la nuit du 13 au 14 septembre 1759.

À l'aube du 14 septembre, par un temps de bruine, une rangée immobile de fantassins en uniforme rouge attend sur les plaines; Montcalm s'aperçoit qu'il a finalement été déjoué, il attendait plutôt les anglais à la hauteur de Beauport.

Parlons maintenant des forces en présence: du côté anglais, 40 vaisseaux de guerre, 80 transports et 60 bateaux. À leur bord, 30 000 marins et 9000 soldats. À cette redoutable force, Québec ne peut opposer que cinq bataillons réguliers formant un total d'environ 2900 hommes et quelque 13 000 miliciens et Indiens alliés.

Je pense que cette défaite, si elle n'était pas arrivée en 1759, serait survenue un jour ou l'autre pour les raisons expliquées plus haut.

Il faut dire aussi, et c'est très important, que le début de la fin de la France en Amérique s'était amorcé bien avant 1759. De 1694 à 1697, d'Iberville avait enlevé plusieurs forts anglais à la Baie d'Hudson et à Terre-Neuve mais en 1697, le Traité de Ryswick signé entre la France et l'Angleterre annule ses conquêtes. Le Traité d'Utrecht de 1713 donne à l'Angleterre, Terre-Neuve, l'Acadie, la Baie d'Hudson un protectorat sur les Iroquois.

Ainsi, les Anglais s'étaient installés au nord, à l'est et au sud avec leur 13 colonies qui comptaient à elles seules près d'un million et demi de personnes, la Nouvelle-France dénombrait environ 60 000 personnes, au moment de la Conquête.

En conclusion je ne suis pas d'accord à ce que l'on fête ou célèbre cette défaite des Plaines d'Abraham. Je ne connais pas de pays au monde qui poserait ce geste sans une manifestation générale.

Peut-on penser un instant que les Acadiens organiseraient une fête pour souligner leur Déportation? Que les Métis de l'ouest canadien fassent une fête le jour de la pendaison de Louis Riel? Il faudrait plutôt organiser un séminaire ou encore un colloque avec des historien(ne)s reconnu(e)s et inviter le public à participer. Cela pourrait prendre l'aspect de débats suivis d'une plénière et d'une conclusion générale. Ainsi, la population pourrait en apprendre un peu plus sur cette Bataille et en sortirait gagnante au lieu d'un événement festif que tout le monde oublie le lendemain matin.

Georges Rivard

Granby

 

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