S'attendre à quelques innovations de sa part est aussi improbable qu'une grossesse du maire Drapeau advenant un éventuel dépassement des coûts des Jeux olympiques de 1976.
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Tant à Québec qu'à Ottawa les lendemains qui chantent sont reportés aux calendes grecques et le bon peuple subira, une fois encore, l'incurie de ses dirigeants.
Devant la situation qui frappe l'ensemble de la planète, en plus de l'incapacité de nos dirigeants à présenter des avenues novatrices, il faut remarquer la torpeur des médias, toutes catégories confondues, à susciter le débat. Depuis le début de la crise, ils se contentent de jouer le rôle de «rapporteurs officiels». Ils informent, ils palabrent sur le bien fondé de tel ou tel plan de relance. Rarement une remise en question de telle ou telle décision; l'analyse fait cruellement défaut. Ils semblent craindre de déplaire à un certain pouvoir: politique, économique, financier.
Depuis le début de la crise, le mot capitalisme est presque disparu de leur vocabulaire. Il a été éclipsé par les mots libéralisme, déréglementation, privatisation, mondialisation, globalisation, délocalisation. C'est plus politiquement correct diront-ils, mais les résultats n'en sont pas moins catastrophiques. Quel article, quel journaliste ou chroniqueur a remis en question le capitalisme lui-même et son économie? C'est motus et bouche cousue. On fait plutôt dans le maquillage, on fait du «lifting». Ils sont les caisses de résonance des pouvoirs. Nous avons connu des époques où la critique et l'argumentaire étaient beaucoup plus féroces.
Tant et aussi longtemps que nous nous contenterons de nous faire dire que la crise actuelle se résoudra par l'application de certains traitements cosmétiques sur un système en faillite, nous sommes assurés qu'une nouvelle crise éclatera dans un demain pas si lointain. Les artisans de l'échec du système sont les mêmes aujourd'hui, à l'exception de Barack Obama, qui nous concoctent la sortie de crise; rien de bien rassurant pour notre avenir. Les fossoyeurs d'aujourd'hui sont les disciples des Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui ont semé les germes de la pensée dominante qui sévit depuis, et qui passaient pour des génies réformateurs à leur époque.
Bien triste héritage pour le bon peuple que nous sommes et qui aurait intérêt à penser par lui-même le plus rapidement possible, tel que le souligne L. Jacques Ménard dans un texte paru dans le journal La Presse du 12 février. Sans être un grand fan de ce monsieur, il a au moins l'audace, pour un financier, de sonner un certain réveil.
Bernard Fournelle
Granby
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