La ministre dit que «l'argument qui a été le plus percutant» dans sa décision fut celui des «affini- tés socio-économiques» entre Bromont et Cowansville. Il semble bien qu'elle n'ait pas convaincu beaucoup de citoyens. Certains ont dû avoir de la difficulté à ne pas sourire en l'entendant. Les gens sont polis.
Peut-on sérieusement prétendre que les affinités, les liens unissant Bromont à Cowansville sont comparables à ceux unissant Bromont à Granby, surtout depuis 1970, alors qu'on créait la région touristique Granby-Bromont? Puis il y eut la fusion des commissariats industriels de Bromont et de Granby, une alliance des parcs industriels Granby-Bromont, la chambre de commerce Granby-Bromont (devenue Haute-Yamaska et région), la caisse populaire Desjardins de Granby-Bromont (devenue de Granby-Haute-Yamaska), des ententes entre le Parc aquatique de Bromont et Amazoo de Granby, et j'en oublie... Et tous ces travailleurs de Granby qui, chaque matin, s'en vont à Bromont et vice versa. Et tous ces Bromontois qui étudient, magasinent, mangent, font appel à des services de Granby et vice versa. Ce n'est pas rien! En fait, Bromont est lié à Cowansville par une ficelle et à Granby par un câble d'acier.
Il ne faut pas chercher bien loin pour découvrir les vraies raisons du geste de la ministre. Les affinités ne sont pas d'abord entre Bromont et Cowansville, mais entre des politiciens... On ne peut qu'être d'accord avec l'éditorialiste de La Voix de l'Est de mercredi qui disait: «Il est ici permis de se demander si... des intérêts politiques partisans n'ont pas joué. Surtout que les allégeances de certains joueurs sont connues». Un maire de la Haute-Yamaska (pas M. Goulet) nous a dit que la ministre avait pris, de toute évidence, une décision hautement politique. Nous en souviendrons-nous encore aux élections?
La vie continue. Bien sûr qu'un obstacle a été créé. Bien sûr que l'élan de nos relations s'est atténué. Bien sûr que les gens de Granby sont déçus. Ils le furent lors du référendum de Bromont et cette semaine. Se faire rejeter ne plaît pas, surtout quant un arbitre partial (la ministre) vient ratifier une telle éviction. Malgré tout, il faut être magnanimes. À ce propos, l'attitude de la Chambre de commerce Granby-Bromont est exemplaire. Il faut penser à l'avenir. Comme le disait M. Goulet, les maires passent... Qui sait si dans dix ans Bromont, Shefford et Granby ne voudront pas créer une grande ville, comme on l'a fait à Sherbrooke. Je rigole, je rêve et je le sais, mais j'aime mieux rêver que de gémir sur nos déceptions.
Souhaitons-nous une MRC Haute-Yamaska rénovée, harmonieuse.
Et bonne chance aux citoyens et citoyennes de Bromont!
Émile Roberge
Granby









