Cette «aire riveraine à haute valeur écologique» est en fait tout simplement une zone qui est inondable principalement durant des crues exceptionnelles. Le problème principal de cette zone, c'est qu'il y a eu des études sur les espèces menacées et l'une d'elle s'y trouve: la salamandre Pourpre.
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Pour l'instant, l'ébauche du plan de conservation ne prévoit aucun règlement pour cette aire. Elle est seulement «identifiée». Le plan prévoit à certains endroits des bandes riveraines d'une largeur de 60 mètres pour certaines zones et certaines situations. Nous avons déjà une réglementation provinciale et il serait donc peu souhaitable que la ville en rajoute. Pour plusieurs, l'agriculture est une menace pour les salamandres ou toutes espèces susceptibles d'être fragiles. La Ville pourrait donc en venir à appliquer une bande riveraine de protection qui serait alors très dommageable en frais de perte importante de superficie de culture pour beaucoup d'agriculteurs.
De plus, durant l'été dans cette même rivière, il y a à quelques reprises des surplus d'eau du système d'étang de décantation qui se retrouve dans la rivière. Donc, une certaine quantité des excréments et tout se qui passe dans les égouts se retrouve dans l'eau de la rivière. Je me demande donc qui est le plus dommageable pour ces petites bêtes!
L'entreprise agricole laitière que ma famille exploite cultive la plupart de ses terres aux abords de la rivière Sutton. Nous en avons besoin pour l'alimentation de notre troupeau durant l'hiver. Sans ces terres, l'entreprise que nous possédons ne pourrait être viable. Nous avons déjà avec le ministère de l'Environnement (MDDEP) une distance de 10 mètres à respecter en bande riveraine quand il s'agit de rivière avec un terrain relativement plat. Avec ce même Ministère, nous avons un cahier de charges à tenir à jour chaque année pour chaque culture que nous avons, ainsi que chaque champ. Nous avons un agronome qui suit ce cahier afin de le mettre à jour en prenant des échantillons de sols pour maintenir un sol bien équilibré en minéraux. En plus de divers organismes qui nous surveillent scrupuleusement: le MAPAQ, la CPTAQ, le ministère des Ressources Naturelles et de la Faune, Pêche et Océan Canada ainsi qu'en certain cas le ministère des Transports car la rivière est supposément «cannotable» à ces endroits. Il va donc de soi que les gens doivent avoir une certaine compréhension des contraintes et spécificités que ce milieu nous demande.
En conclusion, les quelques entreprises agricoles qui restent en activité à Sutton y sont établies depuis plusieurs générations. Il y en avait beaucoup plus encore il y a plus d'une décennie. Sutton a besoin des entreprises agricoles pour maintenir de beaux espaces ouverts afin que les citoyens autant permanents qu'occasionnels en bénéficient. Nous essayons toujours le plus possible de vivre en harmonie avec tous ces animaux. La plupart du temps, un agriculteur ne possède pas seulement des terres en culture, mais aussi des boisés ou une forêt sur sa terre. Donc, en quelque sorte, nous sommes des propriétaires terriens qui protègent l'habitat de ces espèces.
L'agriculture est importante pour Sutton et nous aimerions continuer à y vivre en harmonie.
Fabie Larivière
citoyenne et agricultrice
Sutton
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