Ce monsieur doit sûrement venir d'une autre planète. Pour avoir passé ma carrière entière dans un milieu de travail composé à 95 % de femmes, j'en arrive à une conclusion différente. J'en arrive aussi à la conclusion que dans notre monde évolué, en Amérique du Nord, il reste bien du travail à faire aux groupes féministes et à la société en général, après avoir lu un tel texte. J'ai deux filles et deux garçons et cette réalité, tracée par ce monsieur, semble assez loin de la vérité.
Bien sûr, il y a des filles qui veulent ressembler à ces modèles. En contrepartie, il faut être borné pour penser que les gars ne sont pas influencés par des modèles. Certaines compagnies nous vendent des «gros camions» avec des acteurs masculins qui parlent «joual» tout en réalisant des exploits que seul un mâle peut réaliser. D'autres nous vendent de la bière, en nous présentant de belles «poupounes», dans l'espoir qu'une certaine clientèle vive de bons moments dans un château. D'autres nous présentent des corps d'acier et de belles machines pour raffermir nos merveilleux corps. Je ne cite qu'une infime partie d'exemples qui visent les hommes et qui doivent sûrement les atteindre car les publicitaires n'ont pas d'argent à perdre à inonder les ondes de ces navets.
Dans mon temps, le vrai mâle laissait déborder son «shag» en dehors de sa chemise. Aujourd'hui, ce vrai de vrai a un corps modelé dans un gym et un rasage intégral. Bien entendu, ces derniers exemples ne ressemblent généralement pas aux hommes de notre temps; nous sommes assez intelligents pour faire la part des choses et ne pas se laisser influencer par ces modèles. Si c'est vrai ce que je viens d'écrire, c'est aussi généralement vrai pour les femmes; n'en déplaise à M. Poisson, qui lui, dit se foutre complètement de ressembler aux modèles masculins qui nous sont imposés. Vous permettez que j'exprime un doute!
Jean Thériault
Granby









