Fillette de neuf ans. Violée régulièrement par le beau-père. Vie en danger si la grossesse se prolonge. Y a-t-il cas de détresse plus grande, qui mérite compassion plutôt que condamnation? Et encore moins que l'on affirme froidement que l'avortement est plus grave que le viol d'une fillette et l'inceste. Pour éveiller la conscience morale, l'excommunication est-elle un moyen pédagogique? Si on le pense, il faudrait l'utiliser d'abord contre les politiciens et financiers crapuleux que tuent moralement et socialement des milliers de personnes.
Toute l'attitude de Jésus dans l'Évangile est empreinte de compassion. Jésus, en particulier, ne condamne pas la femme adultère alors que les autorités religieuses le lui demandent. Ses imprécations vont le plus souvent contre les autorités religieuses qui trahissent le sens de la Loi: «Sépulcres blanchis», clame-t-il, qui mettez sur le dos des petites gens des fardeaux impossibles à porter.
«Prendre le nom de Dieu en vain», interdit par le deuxième commandement de Moïse, ce n'est pas que blasphémer, c'est aussi, et surtout (!) brimer la conscience des fidèles, imposer des exigences qui ne relèvent pas clairement de la loi de Dieu.
La théologie morale, depuis des lustres, enseigne qu'il y a dans la vie des situations de conflits de devoirs ou de conflit de valeurs où il faut choisir «le moindre mal» ou «le plus grand bien». Elle a justifié la peine de mort longtemps. Et accepte encore que l'on tue à la guerre. Aucun précepte n'est absolu. Il y a des situations complexes qui exige discernement et humilité.
J'ai honte de mon Église. Je suis blessé dans ma foi. J'attends qu'un évêque, dix évêques, 28 évêques élèvent la voix pour dénoncer ce geste anti-chrétien.
Guy Durand, théologien
Dunham









