Avons-nous la mémoire courte? Se rappelle-t-on du temps des années 1950 où le DDT était en usage comme pesticide? Il fut interdit en 1972. Aujourd'hui, 35 ans après, ce pesticide qui a envahi tous les écosystèmes et la chaîne alimentaire, même au Grand Nord canadien et au Groenland, nuit encore. Les poissons, les phoques en accumulent dans leurs tissus adipeux. Les Inuits qui mangent ces gibiers, en accumulent dans leurs corps. Les jeunes femmes qui allaitent en ont tant dans leur lait maternel, que la nutrition du bébé est compromise. Voilà l'impact non choisi par les femmes inuites d'un toxique environnemental.
Un toxicologue chercheur de l'INSPQ retrouva d'ailleurs un taux accru des métabolites dérivés du DDT dans les seins des femmes dont les tumeurs se développent plus activement. Le lien de causalité entre ces composés perturbateurs des oestrogènes et le cancer du sein est fortement soupçonné. Ces femmes n'avaient pas choisi cet impact néfaste dans leur vie! Et que dire des femmes agricultrices? Elles seraient encore plus exposées à de nombreux pesticides et plus à risque!
Enceintes, maintes femmes se sont sans doute inquiétées de ne pas manger durant leur grossesse des aliments contenant du mercure ou des BCP; cela nuit au développement du foetus. Tout petit, votre enfant se retrouvera-t-il exposé à des poussières de plomb? Son développement cérébral et neurologique aurait pu en être affecté. Que de mères s'inquiètent? Que de mères devront être patientes pour réussir les apprentissages de ces enfants? Il y a aussi les bisphénol-A, un composé des plastiques, perturbateur endocrinien. On le retrouva dans les bouteilles à lait pour bébé en plastique. Que de femmes, bonnes mères de familles, supportent ces impacts diffus des métaux lourds et des toxiques dans l'environnement, sur leurs proches!
Au Canada, on a répertorié 23 000 substances chimiques utilisées dans divers domaines. On n'en connaît pas tous les effets carcinogènes (cause des cancers), mutagènes (modifie les gènes), neutres ou perturbateurs endocriniens. Mais on observe statistiquement que les cancers augmentent en nombre de décade en décade. Une femme sur 20 avait le cancer du sein en 1950; aujourd'hui, c'est une femme sur neuf. Les cancers sont induits dans l'enfance, voire dans le foetus, mais se révèlent cliniquement parfois 40 ans plus tard. L'étude de la causalité des toxiques dans l'environnement est complexe, leurs signaux diffus et multiples.
En absence de preuves cliniques suffisantes, tant Santé Canada, la Société canadienne du cancer que les Instituts nationaux de recherche en santé environnementale, recommandent d'appliquer le principe de précaution; celui de s'abstenir en cas de doute. Le cas du DDT qui a envahi tous les écosystèmes et la chaîne alimentaire devrait nous rester en mémoire. Alors par prudence, mesdames osez choisir; dites non au tri-compostage, oui au bac brun! Oui, à un avenir sain pour les générations futures, vos enfants!
Luce S. Bérard
Granby








