Cependant, je suis toujours fasciné par le fait que, chaque fois que ce sujet est abordé, on brandit sans trop de respect, des grands termes comme «obscurantisme et inculture». On dénigre facilement le croyant en l'attaquant sur son niveau d'intelligence et de connaissances. On généralise en mettant dans un même panier de religiosité, une minorité de sectes fermées et un mouvement de croyance établi et ayant un impact sur le monde depuis plus de 2000 ans. L'impact est tellement important que même notre calendrier actuel réfère à la naissance du Christ. Mais là n'est pas non plus le but de mon intervention.
Je suis captivé que la majeure partie des débats que j'ai vu avec des férus de science et d'évolution tournent autour du manque d'intelligence et de connaissance des croyants. Alors, les croyants continuent d'être relégués au statut d'incultes et d'obscurantistes. Pourtant, l'intelligence ne se définit pas par la somme des connaissances. Elle se définit plutôt par l'ensemble de toutes les fonctions qui ont pour objet la connaissance (mémoire, imagination, attention, raisonnement, jugement...); elle correspond également aux capacités nécessaires à l'adaptation, à l'environnement physique et psychologique. Le rejet de certaines informations ne constitue pas un manque d'intelligence, il constitue plutôt une marque de jugement basé sur une croyance. Comme le fait que les évolutionnistes rejettent en bloc la Bible et la religion ne constitue pas un manque d'intelligence ; le fait que les croyants n'adhèrent pas à la théorie de l'évolution ne l'est pas non plus.
Je suis troublé de voir que, à cause d'hérésies de quelques leaders religieux du passé, on n'a pas vu que l'église contemporaine s'adapte et évolue de façon magistrale vers ce qui est sa mission soit celle d'apporter la paix et l'amour dans un monde de plus en plus individualiste et dysfonctionnel. Bien des leaders dans bien des sphères autres que la religion ont fait des erreurs, pourtant nous apprenons et nous continuons en regardant vers l'avant. Qui donc fait le plus preuve de manque d'ouverture et de tolérance ?
Le monde a profondément besoin d'acceptation, de soutien, de charité et de soin pastoraux (je fais référence ici à l'image du berger qui soigne et se souci de ses brebis). Je crois que les débats qui font rage ne font que nourrir l'égo de certains au détriment de besoins sociétaires beaucoup plus importants et urgents. Nos énergies ne seraient-elles pas mieux utilisées si elles servaient ces causes plutôt que des débats puérils? Ne devrions-nous pas mettre en veilleuse les controverses vides de sens pour aider et se soucier des gens qui nous entourent? Je ne parle pas ici du tiers-monde (devenu le 2/3 monde,) bien que cette cause soit importante. Je parle plutôt des gens que nous côtoyons et que nous aimons qui, par manque de relations, finissent par commettre des gestes irréparables. Je parle de frérot, soeurette, matante, mononcle, pôpa, môman, amis et amies ... Toute ces personnes qui ont désespérément besoin qu'on se soucie d'eux et qu'on en prenne soin.
Je crois que nos efforts devraient être déployés dans ces domaines plutôt que dans des polémiques dont nous ne verrons vraiment l'issue que lorsque la mort viendra nous chercher et pas avant.
Gilles Adams
Granby









