Ainsi, sur la foi d'un échantillon de 600 individus, 36 % d'entre eux croient que la décision de s'engager dans le développement des terres Miner est la plus mauvaise jamais prise par le maire Goulet. Pire, seulement 5 % de la population mettrait en tête de liste ce projet. Cela contraste singulièrement avec le taux de OUI (65 %) obtenu au référendum. L'opinion de la population a-t-elle pu changer autant en si peu de temps? Le seul décompte des OUI suffit-il pour confirmer la prépondérance de cette même opinion? La compréhension de la question était-elle univoque?
Or, dans l'analyse que j'ai fait parvenir à la ministre Nathalie Normandeau le 19 avril 2007 - Référendum du 1er avril 2007 sur un emprunt de 7,95 M $: Analyse comparée... (33 pages) -, je démontrais que ledit référendum, par suite du contexte singulier, ne traduisait pas le désir vrai des citoyens.
L'argumentation, fondée sur des équations probabilistes (développées à partir de la théorie des probabilités), même si elle dépasse largement la compréhension du citoyen moyen - sans doute encore plus celle de la ministre et de ses sbires -, indique pourtant que la proportion la plus probable des gens en faveur de l'achat de ces terres n'aurait guère dépassé les 40 % et ce, contrairement aux résultats bruts du référendum (65 % en faveur du OUI).
Force est donc d'admettre que ma conclusion était fondée puisque, compte tenu des chiffres précités, la proportion de 65 % du OUI ne pouvait qu'être transitoire, donc peu significative quant à l'orientation de la volonté populaire. Par voie de conséquence, il y a lieu de s'interroger sérieusement, non seulement sur le référendum en vue de l'achat des terres Miner, mais aussi sur la vali-dité même des référendums tels qu'ils sont habituellement menés, au mépris de toute nuance essentielle à leur interprétation.
Quant à la réponse qui m'a été donnée par le représentant de la ministre, on comprend sa parfaite ignorance du dossier puisque celui-ci a préféré s'en tenir à une interprétation légaliste, la plus servile qui soit. Partant de là, il n'y a pas à se scandaliser du fort taux d'abstention - 51,54 % pour le référendum des terres Miner! - aux divers types de scrutins prétendument représentatifs de l'opinion des citoyens. Une façon aussi bancale d'interpréter l'opinion de la population n'a rien à voir avec l'expression réelle de la démocratie. Ce n'est qu'un subterfuge évitant aux élus et à certains avocaillons d'avoir à se creuser les méninges.
Si un tel simulacre de démocratie évite à certains d'avoir à se casser la tête, ce même simulacre pourrait facilement entraîner un effet boomerang revenant hanter ceux qui exploitent aussi mesquinement les failles du système démocratique et la naïveté d'une trop grande partie de la population.
À bon entendeur, salut!
Lionel Leblanc
Granby










