Puis on nous conseille les sacs «biodégradables». J'en achète un rouleau de 100 pour ne pas avoir à courir toutes les semaines chez un quincailler. Voilà qu'on publie un calendrier de la collecte. Nous l'affichons derrière une porte de notre cuisinette et tentons d'en comprendre les graphiques en couleurs (bleu, gris foncé, « métal, « feuilles «). Combien de pousseux de crayon, de cols (bleu, blanc ou gris) ont participé à la logistique de tout cela?
Enfin, voici mes feuilles dans les dits sacs biodégradables, mais non, il faut désormais des sacs de papier «brun». Un autre achat de 50 sacs «brun-beige» avec la publicité de ma quincaillerie. Cinquante sacs, c'est lourd, merci au jeune homme qui les a transportés dans ma voiture.
Mais, il y a un mèèèè... mes feuilles étaient déjà ramassées et renfermées dans les sacs «bio» transparents. On les laisse sur mon parterre, et dire que j'avais, avec ma soeur Monique (oui, toujours la même), fait la navette des nombreux sacs vers l'avant de la maison. Ouf! Pas question de les rapporter à l'arrière vu que la prochaine collecte ne sera, si j'ai bien compris le calendrier, qu'à l'automne prochain.
Que dois-je faire? Les empiler dans mon garage? Les laisser au grand air? Mon voisin a bien suggéré à ma soeur (oui, Monique) d'en faire du compost. Nous les avons offerts gratuitement à notre voisin pour son compost à lui, mais il a spécifié qu'il n'a pas de place. Mais ce compost, ce serait pour qui? Pour quoi? Pour le jardin, a-t-il dit. Je n'en ai pas, je n'ai que plusieurs arbres qui me donneront à l'automne prochain une cinquantaine de sacs «bruns». Que ferai-je de mes 50 sacs qui n'ont aucune prise pour les transporter? Dois-je couper mes arbres et mes arbustes qui me permettent d'avoir une arrière-cour ombragée? J'aime les regarder verdir au printemps, se dorer ou rougir à l'automne. J'apprécie également le fait qu'ils me permettent de mieux respirer. Pauvre Stéphanie qui répond, à la MRC, à tous les préoccupés de leur poublelle et collecte d'ordures, de feuilles et cie.
On a multiplié également, le long de la rue Principale, une panoplie de petites et grandes poubelles noires afin que les gens prennent l'habitude de jeter leurs papiers dans les dits contenants. Bravo. L'habitude est lente à venir; car j'ai lu que cinq camions de cochonneries ont été trouvés sur les bords de notre belle Yamaska. En passant, la plus polluée du Canada.
J'aimerais maintenant que cette campagne «poubelle» prenne fin et que vous vous préoccupiez davantage de la culture de notre ville. Pourquoi pas? J'aimerais que l'on reçoive de votre part (MRC, hôtel de ville) un calendrier (soit mensuel ou trimestriel) des activités sociales, musicales, artistiques de notre belle région. Si vous y donniez autant d'efforts que pour les déchets, ce dépliant serait magnifique et rappelez-vous que toute la colonie artistique l'attend depuis la ponte de notre politique culturelle.
Replantons des arbres au centre-ville pour que la respiration s'améliore dans notre milieu. Cette semaine, j'ai assisté à l'exécution d'un bel arbre aux coins Saint-Antoine/Principale et à la disparition de plusieurs beaux spécimens aux coins Mountain/Denison. Toujours pour faire place au béton! Tout cet argent pour, dit-on, l'amélioration de la circulation. Et pour nos neurones, notre intellect, notre pensée? Encore et toujours: des miettes.
L'auteure, artiste multidisciplinaire, est résidante de Granby opinion@lavoixdelest.qc.ca










